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Course à la chefferie du PCC: religion et bilinguisme au menu

Les candidats à la chefferie du Parti conservateur du Canada croisaient le fer en français hier à Laval

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La réforme de la loi 101 et la Loi sur la laïcité de l’État du Québec se sont retrouvées au cœur du débat en français des candidats à la direction du Parti conservateur. Le meneur, Pierre Poilievre, a retourné sa veste, en promettant de contester en Cour suprême la loi 21.

• À lire aussi: Le français souvent massacré durant le débat conservateur

Pierre Poilievre
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits
Pierre Poilievre

M. Poilievre était le seul dans la course qui s’engageait à ne pas contester cette loi devant le plus haut tribunal du pays, en respect de la position officielle du parti sous son ancien chef Erin O’Toole. 

Jean Charest
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits
Jean Charest

Pressé de questions par Jean Charest, il a finalement lâché qu’il « ne renverserait pas la décision du fédéral de contester la loi ».

« Si l’affaire va devant la Cour suprême bien évidemment le gouvernement du Canada n’est pas un observateur dans son propre pays », a renchéri M. Charest.

Le gouvernement Trudeau a annoncé hier son intention de participer à une contestation judiciaire de la Loi sur la laïcité de l’État québécois, après avoir entretenu le flou depuis plusieurs années. 

« Aucune personne ne devrait perdre son emploi à cause de sa foi, a dit Patrick Brown. C’est important pour notre parti de toujours protéger les libertés religieuses. »

La loi 96 ne passe pas

La loi 96 sur la réforme de la Charte de la langue française en a aussi pris pour son rhume. Roman Baber a lancé la charge la qualifiant d’« inacceptable ».

Tous ces adversaires, sauf Jean Charest, estiment même que le bilinguisme ne devrait pas être une exigence pour les hauts fonctionnaires, comme les juges. Il faut dire que Leslyn Lewis, Roman Baber et Scott Aitchison sont eux-mêmes très loin de maîtriser la langue de Molière.

« Leur français est plus qu’approximatif, c’est pénible, déplore Yan Plante, vice-
président à l’agence de relations publiques TACT et ex-conseiller de Stephen Harper. Leur niveau de français n’est pas adéquat pour être sur scène. »

Poilievre l’homme à battre

Les trois autres candidats ont dominé les discussions tout au long de la soirée, même si Leslyn Lewis a réussi à provoquer l’hilarité générale en lançant un cinglant et bien québécois « il est dans les patates » pour qualifier les arguments de Pierre Poilievre sur l’inflation.

Patrick Brown a lui attaqué l’appui de Pierre Poilievre au Bitcoin, indiquant que ses propositions rapprocheraient le Canada du Salvador. Ce pays d’Amérique centrale a adopté la cryptomonnaie comme devise officielle et s’en mord les doigts depuis qu’elle a perdu la moitié de sa valeur en six mois.

Leader de la course avec 42 % d’appuis chez les membres du parti, selon le coup de sonde publié hier par la firme de sondage Abacus, Pierre Poilievre était la cible à abattre sur la scène du Château Royal à Laval.

Ses supporteurs ont bien tenté de s’imposer en scandant son nom dès son entrée en scène. Mais ils ont rapidement été étouffés par ceux de Jean Charest qui s’étaient déplacés en masse et n’ont pas manqué de huer Pierre Poilievre à plusieurs occasions.

Charest dominant à domicile

Pour M. Plante, Jean Charest a été, sans surprise, le joueur dominant. Seules les attaques de Pierre Poilievre sur ses liens avec Huawei ont semblé le déstabiliser.

« Il avait l’air d’un premier ministre, assurément le plus premier ministre du groupe. Il offrait beaucoup de contenu et il avait l’air d’avoir du plaisir », analyse Yan Plante.

Reste à voir, souligne le stratège, si la performance de l’ex-premier ministre du Québec suffira à lui faire balayer le vote des membres au Québec, sa seule chance de remporter la course. 

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