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Les GMF ont échoué: 20 ans plus tard, les patients n'ont pas plus accès aux médecins

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Le modèle des cliniques GMF est un échec pour l’accès aux médecins de famille et n’a pas permis de désengorger les urgences, constate une étude 20 ans après leur création. 

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«C’est très clair que c’est un échec sur toute la ligne», conclut Anne Plourde, chercheuse à l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS), dans une étude publiée aujourd’hui. 

Les groupes de médecine de famille (GMF) ont été créés en 2002 par le ministre de la Santé et des Services sociaux (MSSS) de l’époque et aujourd’hui premier ministre, François Legault. Ils avaient trois buts principaux : améliorer l’accès aux médecins de famille, désengorger les urgences et augmenter l’accès aux services psychosociaux. 

«Sur ces trois objectifs, aucune cible n’est atteinte, lit-on dans la note socioéconomique. Dans certains cas, les performances sont si mauvaises que le ministère de la Santé a revu les cibles à la baisse au cours des dernières années.» 

Un GMF doit offrir une prise en charge multidisciplinaire, avec des services médicaux et psychosociaux. Les médecins sont affiliés, mais peuvent travailler dans différentes cliniques. En 2020-2021, le financement public octroyé aux GMF a atteint 340 M$, calcule l’IRIS. 

«C’est un modèle très, très centré sur les médecins, et c’est une des raisons de son inefficacité», dit Mme Plourde, qui déplore un accès direct difficile aux autres professionnels. 

Offre de service diminué

Selon l’étude, 41 % des GMF ont conclu une entente de service avec un autre établissement (souvent un autre GMF) pour qu’il assure une partie de leurs heures d’ouverture, souvent le soir ou la fin de semaine. 

Par exemple, deux GMF concluent une entente mutuelle : un sera ouvert le samedi, et l’autre le dimanche. Selon Mme Plourde, ces ententes ont pour effet de diminuer l’offre de services.

De plus, au moins 15 % des GMF ont une entente avec une urgence d’hôpital, ce qui n’aide en rien à désengorger les hôpitaux. 

«Est-ce que ça veut dire que les patients du GMF ont priorité lorsqu’ils se présentent à l’urgence? J’ai de la difficulté à imaginer une telle chose. Il n’y a rien de précisé dans la manière de la prise en charge», constate-t-elle.

Pas accès aux services

Présentement, 66 % des Québécois sont suivis dans un GMF. Selon l’IRIS, le nombre de patients pris en charge a stagné depuis six ans, et des données montrent même qu’il a diminué. 

Par ailleurs, Mme Plourde conclut que 74 % des GMF sont des entreprises à but lucratif, ce qui soulève des questions sur la transparence des investissements publics.  

À propos des GMF  

362 GMF créés depuis 2002 (dont 267 sont privés)        

  • Il existe différentes grosseurs, dont 51 « supercliniques » (GMF-Réseau)  
  • Doivent être ouverts au moins 68 heures par semaine, et 4 heures la fin de semaine  
  • Financement basé sur les inscriptions et l’offre de service        
  • Doivent offrir des rendez-vous aux patients sans médecin               

*Source : IRIS, bilan des groupes de médecine de famille après 20 ans

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