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Un débat défaillant mais déterminant

Leslyn Lewis risque de jouer un rôle déterminant dans le choix du nouveau chef conservateur.
TOMA ICZKOVITS Leslyn Lewis risque de jouer un rôle déterminant dans le choix du nouveau chef conservateur.

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Il y avait quelque chose d’irréel dans le débat conservateur qui avait lieu à Laval mercredi soir. On y a vu plusieurs personnes qui n’en connaissent pas un mot essayer, du mieux qu’elles le pouvaient, de lire quelques lignes écrites pour elles dans la langue de Vigneault.

Un modérateur pris avec le capharnaüm d’un format mal conçu et inadapté. Une préparation technique de «deux de pique», avec un signal qui plantait durant de longues périodes...

À travers tout ça, il est néanmoins devenu très clair qu’il n’y a que deux aspirants sérieux à la chefferie: Poilievre et Charest, avec un net avantage pour Poilievre. 

Durant le débat, Charest a été Charest: bien préparé et capable de débattre avec aisance. Articulé, autant sur la question des chaînes d’approvisionnement que sur celle des besoins des familles. 

Son message, par contre, ne passe tout simplement pas avec cette version du Parti conservateur, qui est — tout comme l'a d'ailleurs été ce débat — dominé par Poilievre. 

  • Écoutez la rencontre Lisée - Mulcair avec Martineau diffusée chaque jour en direct 8 h via QUB radio :

Poilievre s'adapte

Les lignes de Poilievre commencent à être connues, mais il s’adapte. 

Encore récemment, c’était le fédéral qui devait, selon lui, aplanir les difficultés que vivent les médecins étrangers lorsqu’ils tentent d’obtenir leur permis de pratique chez nous. Depuis, il a appris que c’est une compétence exclusive des provinces et, hier soir, c’était devenu un problème qu’il comptait régler... par le biais d’ententes avec les provinces!

Les autres candidats ont essayé, avec plus ou moins de succès, de participer au débat. Monsieur Baber n’est absolument pas dans la course, que ce soit en anglais ou en français. 

Monsieur Aitchison, un bon père de famille style «Monsieur Canada», a surpris par son aisance à lire (avec un accent fort impressionnant) son laïus de départ.

Il est vite devenu clair, par contre, qu’il ne peut pas vraiment parler français, et il a même décliné de participer à la discussion sur le crime organisé et les armes à feu. 

Encore plus de Thomas Mulcair, écoutez son édito diffusé chaque jour en direct 8 h via QUB radio : 

Brown, le perdant

C’est Patrick Brown qui est sorti grand perdant de la soirée. 

Maire d’une ville de la région de Toronto, il pêche dans les mêmes eaux idéologiques que Jean Charest et, logiquement, leurs appuis vont se transférer de l’un à l’autre (probablement vers Charest) selon la formule d’élimination du plus faible chaque tour. 

Jusqu’à hier soir, il était permis de croire que Patrick Brown était un joueur réel. Il ne l’est plus. 

Brown est, comme Poilievre et Charest, capable de «générer», sans lire, quelques mots de français. 

Le «hic», c’est que c’est un français qu’il faut être anglophone pour comprendre. Quand Brown reproche «son record» à Poilievre, il essaie de parler de bilan. 

Ce que Brown disait était largement incompréhensible pour les francophones qui écoutaient. Au-delà de la question linguistique, ses idées, souvent brouillonnes, démontrent qu’il n’a pas l’étoffe d’un chef. 

Quel impact aura Lewis?

C’est Leslyn Lewis qui peut encore causer une surprise. 

Seule candidate clairement anti-avortement, elle a un énorme bassin d’appuis qui lui appartiennent en propre. 

Elle approuvait très clairement beaucoup de ce que Charest disait et semblait mal à l’aise avec Poilievre, qui ne tourne plus autour du pot et se dit maintenant pro-choix. 

Les votes de Lewis vont peser lourd dans la balance. 

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