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Rencontres sur la route des mines de l’Abitibi

Dossier Mines
Photo Olivier Bourque

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Je suis parti quelques jours faire la route des mines, le long de la faille de Cadillac en Abitibi, une des zones géologiques les plus importantes du Canada. Le long de la route, j’ai rencontré des citoyens, des élus, des commerçants et des travailleurs. Car dans le pays de Richard Desjardins, presque tout le monde vit des mines... pour le meilleur et pour le pire.

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L’immense mine d’or à ciel ouvert de Malartic. Une mine souterraine est en cours d’implantation, à trois kilomètres des limites de la municipalité. Baptisée Odyssey, elle doit être inaugurée dans 5 ans.
Photo Olivier Bourque
L’immense mine d’or à ciel ouvert de Malartic. Une mine souterraine est en cours d’implantation, à trois kilomètres des limites de la municipalité. Baptisée Odyssey, elle doit être inaugurée dans 5 ans.

1. VAL-D’OR DES MINIÈRES PARTENAIRES

La ville de Val-d’Or porte bien son nom et est entourée de gisements miniers, notamment ceux d’Eldorado et d’Agnico Eagle. 

La mairesse de Val-d’Or, Céline Brindamour, croit que l’activité minière a protégé sa ville contre les soubresauts de l’économie.
Photo Olivier Bourque
La mairesse de Val-d’Or, Céline Brindamour, croit que l’activité minière a protégé sa ville contre les soubresauts de l’économie.

La nouvelle mairesse de la Ville, Céline Brindamour, l’avoue : la municipalité profite largement de l’activité minière. 

« Les mines, c’est l’ADN de Val-d’Or. C’est pourquoi notre économie a pu aller aussi bien, même lorsqu’il y a eu des bas. Ça fait beaucoup d’années qu’on n’a pas connu de creux et on sait que ce qui a aidé, c’est l’apport des mines », dit-elle. 

La municipalité vit même une surchauffe et connaît des problèmes pour accueillir les travailleurs. 

« On a des problématiques au niveau du logement, des services de garde et de la main-d’œuvre. Dans notre cas, avec les compagnies minières, on essaie de travailler pour trouver des solutions. »

En tout cas, pas de doute pour Valérie Lavoie, propriétaire de Ti-Pit,  les mineurs sont de gros mangeurs !
Photo Olivier Bourque
En tout cas, pas de doute pour Valérie Lavoie, propriétaire de Ti-Pit, les mineurs sont de gros mangeurs !

Un peu plus loin sur la 3e Avenue, un incontournable à Val-d’Or, le casse-croûte Ti-Pit, une véritable institution. 

« Les gars de mine sont principalement nos clients. Ce sont de gros mangeurs. [...] Avec leur famille, ça représente 80 % de notre chiffre d’affaires », lance en riant la propriétaire Valérie Lavoie, qui manque toutefois de personnel. 

2. MALARTIC « AS-TU ENTENDU LE “BLAST” ? »

Une résidente de Malartic­­­, Chantal Bernier, habite à quelques centaines de mètres de la mine.
Photo Olivier Bourque
Une résidente de Malartic­­­, Chantal Bernier, habite à quelques centaines de mètres de la mine.

Malartic vit au gré de la plus grande mine d’or à ciel ouvert au pays, une immense fosse collée au village. Si les touristes sont impressionnés devant l’étonnant panorama, les citoyens subissent les activités de la mine et les opérations de sautage. 

« Il y a deux blasts. Un à 11 h et un autre à 15 h. C’est un gros boum, la maison branle beaucoup. Les comptoirs se sont déplacés de deux pouces », lance Chantal Bernier, une résidente qui habite dans la zone la plus près de la mine. 

Elle dit s’être habituée à la poussière, « cette petite poudre jaune » qui est visible en ville et elle est dédommagée par la compagnie minière, comme d’autres citoyens. 

« Comme moi, je touche environ 1600 $ par année. Ils viennent aussi mesurer les décibels. On s’habitue à tout, j’imagine », dit-elle.  

La mine Canadian Malartic est détenue à parts égales par Yamana Gold et Agnico Eagle. Pour atténuer les effets, le groupe a investi dans un mur vert et dans un parc situé aux abords de la fosse. Le groupe a amorcé les travaux de construction des infrastructures d’une deuxième mine, Odyssey, qui sera souterraine. La mise en production est prévue en 2027.  

3. ROUYN-NORANDA VIVRE AVEC UNE FONDERIE COMME VOISINE

Claudine Poulin est une résidente de Rouyn-Noranda, voisine de l’immense fonderie Horne.
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Claudine Poulin est une résidente de Rouyn-Noranda, voisine de l’immense fonderie Horne.

À Rouyn-Noranda, impossible de rater la Fonderie Horne, propriété de Glencore, qui domine la ville. Juste en avant de l’énorme installation, il y a le quartier historique du Vieux-Noranda, où plusieurs citoyens demeurent encore. 

« Je sais qu’ils vont mettre une zone tampon et des parcs en avant de l’usine. Je pense que ça va ressembler à Malartic. [...] C’est sûr qu’il faut s’habituer au bruit – il y a le train – et à la poussière », affirme Claudine Poulin, résidente. 

Plus jeune, elle se rappelle que la situation était parfois intenable. « On goûtait la mine ! Des fois, on avait de la misère à se voir, car il y avait une poussière jaune. C’était pas mal pire avant », dit-elle. 

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