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Une artiste «blanche» victime de discrimination

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Photo d'archives, Agence QMI Mélissa Lavergne

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Parce qu’elle est « blanche », la percussionniste Mélissa Lavergne, récemment désignée pour être porte-parole de la 36e édition du Festival Nuits d’Afrique, a dû se retirer, notamment sous la pression d’une petite constellation communautariste radicalisée qui considère que le rôle qu’elle était censée jouer, le temps d’un festival, ne pouvait être tenu que par un « Noir » ou une « Noire »...

Quoi qu’on dise pour justifier cette pathétique posture sectaire, Mélissa Lavergne a purement et simplement été victime de discrimination. Ce que ces mêmes personnes dénoncent régulièrement (et à juste titre) en ce qui les concerne...

De plus, Mélissa Lavergne n’est pas une imposture. Elle a l’Afrique tatouée au cœur. Elle s’inspire de ses subtilités et l’incarne dans son art fort probablement mieux que 99,9 % des personnes qui se sont opposées à l’idée qu’elle soit la porte-parole de ce festival.

Ce n’est pas un précédent

Cette aberration n’est pas sans rappeler celle entourant l’annulation du spectacle SLĀV en 2018, lors du 39e Festival international de jazz de Montréal. Un dangereux précédent qui a certainement ouvert le chemin à ce qui se passe aujourd’hui avec Mélissa Lavergne et la 36e édition du Festival Nuits d’Afrique.

Pour celles et ceux qui l’auraient oublié, rappelons que SLĀV fut un spectacle inspiré de divers chapitres de l’histoire de l’esclavage des noirs en Amérique. Un spectacle préparé par deux « blancs », Robert Lepage et Betty Bonifassi.

Mais, pour certains individus de la gauche radicalisés, il était hors de question que SLĀV soit mis en scène par Robert Lepage, un « blanc ». Il n’était pas non plus question que le rôle principal de cette pièce soit interprété par Betty Bonifassi, une « blanche ».

L’affaire SLĀV avait même trouvé écho dans les pages du New York Times, de l’American Billboard et du Guardian. Conséquemment, le Festival international de jazz de Montréal avait retiré SLĀV de son programme...

En faisant de l’Autre l’otage de sa couleur de peau, les adeptes du communautarisme viennent une nouvelle fois de faire la preuve de leur potentiel discriminatoire.

Nous sommes au Québec

Nous avons choisi le Vivre-ensemble au Québec ; l’interculturalisme. Pas le Vivre séparé ; le multiculturalisme, incubateur du communautarisme, bassin versant de la discrimination, du racisme et de dérives sectaires.

Au Québec, nous sommes légion à conjuguer et à faire converger talents et énergies dans le dessein de faire reculer le racisme et la discrimination. Nous sommes plus enclins à reconnaître l’universalité de tout individu au lieu d’en faire l’otage de sa couleur de peau.

Alors, face à celles et ceux qui font de la mélanine un critère fondamental de sélection pour notamment promouvoir la musique africaine à travers les médias au Québec, il faut dire non.

À moins que cela m’ait échappé, je n’ai pas entendu des « blancs » au Québec se plaindre quand des « Noirs » étaient appelés à jouer les premiers rôles, notamment à l’occasion de la Fête nationale, voire dans le cadre des plus hautes fonctions universitaires ou politiques.

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