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Gloire à toi Leylah !

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Juillet 2019. Granby bat au rythme du Challenger de tennis. Un tournoi livré à bout de bras par Laurent Valiquette, puis Alain Faucher, aidés d’une horde de croyants bénévoles. C’est une semaine d’été magnifique. Peu de pluie et une belle histoire. Leylah Annie Fernandez fait écarquiller les yeux. Cette puce de seulement 16 ans et toute menue a passé la semaine au tennis Saint-Luc. Elle a mis Granby à ses pieds. Par son jeu, mais aussi par sa prestance. 

Adolescente, Leylah a tôt fait de séduire les spectateurs et le comité organisateur. Une gentillesse détonante. Un sourire dévastateur. Et une battante de tous les diables sur le court. 

La grande force de Granby, c’est la réciprocité du public avec l’action. Nous sommes littéralement assis sur le court. Ça permet d’apprécier la violence des coups, la dextérité des athlètes. 

Le 28 juillet 2019, Leylah Annie Fernandez a perdu en finale contre l’Australienne Lizette Cabrera. Deux petites manches de 6-1 et 6-4. Un modeste chèque de 6400 $, tout de même l’égal du perdant de la finale masculine du même tournoi. 

Le fric n’était pas un enjeu à Granby. Les points de classement accumulés ont permis à Leylah de faire un bond de plus de 120 rangs au classement de la WTA. Elle est arrivée à Granby 372e raquette mondiale, elle en est repartie 250e. Et avec un fan-club de quelques milliers d’amateurs de tennis supplémentaires. 

Pleurer de joie

Aujourd’hui, elle joue en quart de finale des Internationaux de France (à 6 h, heure du Québec). À seulement 19 ans, il s’agira pour elle d’une deuxième atteinte de la ronde des huit en tournoi du Grand Chelem. Toujours avec ce même physique approximatif pour un possible top 10 au monde dans moins d’une semaine.

Il y a une force indescriptible dans le sport. Celle de faire vivre de grandes émotions aux témoins des exploits. Peu d’athlètes me font ce que me fait Leylah Annie--- Fernandez dans le cœur. 

Elle déclenche chez moi des hauts cris de fierté. J’ai envie de souffrir avec elle. De me battre sur chacune des balles avec elle. De gagner avec elle. Lorsqu’elle lève le poing... que sa bouche hurle sa satisfaction... que ses deux billes noires montrent le feu qui brûle au fond de ses yeux... puis lorsqu’elle sourit, timide mais très en verbe en s’adressant avec sincérité à la foule après ses victoires... Pas mêlant, j’en pleure de joie. 

Les pièges

Je ne sais pas trop où va s’arrêter cette jeune femme faite de cœur et de détermination. Sera-t-elle contaminée par l’industrie qui gravite autour du tennis professionnel et en gangrène parmi ses plus beaux joyaux ? Sera-t-elle tentée par les sorties mondaines, les shooting--- photo pour les grands magazines ? Les campagnes promotionnelles et publicitaires ? Les jets privés à destination des plus grandes fêtes privées ? Sera-t-elle Sharapova ou Kournikova ? Sera-t-elle la prochaine Genie Bouchard ?

Naturellement, je dirais que les chances sont très minces. C’est surtout un grand vœu. La suite sera fascinante. Granby voit son Challenger devenir un tournoi WTA dès cet été. Une superbe préparation pour Flushing Meadows. De bonnes bourses, des gros points de classement et du haut niveau. Ce serait rassurant d’y retrouver Leylah. 

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