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Un regain de popularité de la marge de crédit hypothécaire

Mortgage icons set, flat style
Illustration Adobe Stock

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Quand la Banque du Canada annonce une augmentation de son taux directeur, ça se répercute sans tarder sur les intérêts des marges de crédit hypothécaire. 

Si la banque centrale relève comme prévu son taux de 50 points de base (0,50 %) aujourd’hui, ce serait la deuxième hausse d’une telle ampleur à sept semaines d’intervalle. Et la remontée devrait se poursuivre au cours des prochains mois.

Pour ceux qui traînent un solde sur leur marge, est-ce une catastrophe ? 

Un produit populaire

Car ils sont nombreux ! 

La marge de crédit hypothécaire est populaire au pays. Selon une étude de l’Agence de la consommation en matière de finance du Canada (2019), quelque trois millions de Canadiens affichaient en moyenne 65 000 $ de dettes sur leur marge. 

D’un côté, les banques sont promptes à l’offrir avec leurs hypothèques. De l’autre, c’est qu’elle peut s’avérer pratique, car elle permet d’emprunter un maximum de 65 % de la valeur nette de sa maison, à des taux d’intérêt généralement avantageux, sans faire de demande de financement chaque fois que se présente un besoin. Et les modalités de remboursement sont flexibles, la seule obligation étant de payer les intérêts chaque mois. 

Inquiétant ? Les montants empruntés sur la valeur nette des maisons suivent une légère tendance à la baisse depuis 2013, selon des données du Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF). Avec l’explosion de la valeur de l’immobilier, qui accroît la capacité des marges, on aurait pu s’attendre à voir ce type d’endettement poursuivre son expansion. 

Pourquoi maintenant ?

On a quand même observé, ces derniers temps, un regain dans l’utilisation des marges hypothécaires. 

Juste au mois de février, on a enregistré un bond de 2 milliards de dollars des emprunts, une statistique qui fait sourciller. 

Je ne connais pas les raisons de cette recrudescence, mais je risque cette hypothèse : je ne serais pas étonné que des parents puisent dans leur marge pour aider leurs enfants à accéder à la propriété.

Combien ça coûte ?

On s’énerve beaucoup avec la montée des taux, mais la vérité est qu’on se situe toujours à des planchers historiques.

Depuis 10 ans, le taux directeur de la Banque du Canada a oscillé entre 0,50 % et 1,75 % (le niveau prépandémique). Une hausse de 0,50 % aujourd’hui nous amènerait à 1,50 %.

Le meilleur taux sur les marges tourne autour de 4,2 %. En passant à 4,7 %, la facture mensuelle d’intérêts sur un solde de 65 000 $ monterait de 227,50 $ à 254,58 $. 

Avec cette augmentation, nous n’entrons pas en territoire inconnu. La principale différence avec les années passées, c’est qu’elle se produit dans un contexte d’inflation. 

Ceux qui souffrent déjà de la hausse du coût de la vie risquent de suffoquer un peu plus. 

Ce qui ne change pas

On le répète assez souvent, la marge de crédit hypothécaire constitue un instrument formidable, mais elle peut facilement se transformer en piège financier pernicieux.

Elle ne doit pas servir à maintenir un style de vie dont on n’a pas les moyens. Si on règle régulièrement le solde de sa carte de crédit avec sa marge, moins cher en intérêts, ça peut sembler astucieux, mais ça ne révèle pas moins une situation déficitaire chronique. 

Dans ce cas, on risque de ne jamais payer sa maison. 

En revanche, la marge demeure l’outil de prédilection pour les travaux importants sur sa résidence, les gros imprévus, d’autres achats immobiliers, investir (prudemment) et financer quelques projets de retraite.

Dans tous ces cas, on doit refaire ses calculs avec la hausse des intérêts.

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