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La campagne de peur des fédéralistes

POL-CAQ-LEGAULT
Photo Agence QMI, Andréanne Lemire Il faudra du courage aux nationalistes dans les temps à venir

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On avait enterré la question nationale. Et plus particulièrement l’idée d’indépendance. Les Québécois étaient apparemment rendus ailleurs. 

Il y avait un peu de vrai dans cette histoire, dans la mesure où les deux référendums perdus ont fait mal au peuple québécois, ils l’ont même pour un temps désorienté. Bien des Québécois ont préféré se réfugier dans ce que le jeune intellectuel Alexis Tétreault nomme dans son remarquable livre La nation qui n’allait pas de soi le « mythe de la normalité ». Le Québec serait une société normale dont l’identité ne serait jamais menacée.

Intimidation

Mais on a beau enfouir le réel, il finit toujours par resurgir. Et la réalité est simple : il y a une contradiction insurmontable entre le fédéralisme canadien et l’identité québécoise. 

Plus le premier se déploie, plus la seconde se défait. 

Plus la seconde s’affirme, plus le premier est fragilisé. 

Et dès lors qu’on en prend conscience, la question nationale resurgit. Nous y sommes.

Plus d’un quart de siècle après le référendum de 1995, les Québécois redécouvrent que leur identité et leur langue sont fragilisées, et que le fédéralisme canadien entrave leur légitime désir d’affirmation, notamment celui de définir eux-mêmes le cadre d’intégration des immigrants.

Mais le fédéralisme, au Québec, n’est pas qu’une idée. C’est un système de pouvoir, auquel s’agrègent une classe dirigeante, des lobbies, des intérêts. 

Et ce système a toujours compensé le manque d’attachement des Québécois à son endroit pas une politique de la peur. 

Ainsi, il a toujours expliqué aux Québécois que, laissés à eux-mêmes, ils seraient condamnés à la pauvreté, peut-être même à la misère. 

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

L’indépendance les conduirait à la ruine. 

C’est ainsi que le système fédéral – et ceux qui le servent – s’est maintenu depuis que les Québécois ont envisagé la possibilité de l’indépendance : par une campagne d’intimidation permanente. 

Et dans la mesure où la question nationale est en train de renaître, il renoue avec la même stratégie. 

Les fédéralistes ont peur, et pour cela, ils cherchent à faire peur. 

Leur discours évolue, toutefois. Leur argumentaire se renouvelle un peu. 

Désormais, ils prétendent que le nationalisme québécois serait fermé, intolérant, hostile à la « différence », xénophobe, et même raciste. 

Il serait coupable d’une dérive ethnique, ethnocentrique et conservatrice. 

Il serait traversé par la tentation de persécuter les communautés issues de l’immigration. Autrement dit, il serait dangereux.

Le simple fait d’affirmer que le peuple québécois pourrait disparaître et joue sa survie passe désormais pour un propos scandaleux.

Ce discours de peur absolument débile a trois fonctions. 

Débile

D’abord, convaincre les Québécois qu’au fond des choses, ils auraient besoin du Canada pour se protéger d’eux-mêmes. 

Ensuite, mobiliser les populations issues de l’immigration et les convaincre que les Québécois francophones les menacent. 

Enfin, discréditer les nationalistes québécois à l’échelle du monde, en les faisant passer pour de dangereux hurluberlus d’extrême droite. 

Cette campagne de peur antinationaliste sera symboliquement très violente. Il faudra savoir y résister.

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