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La grippe aviaire et l’humain: Des précautions à prendre

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Le risque que la grippe aviaire parvienne à infecter l’humain est faible, mais la prudence est de mise, selon des experts de la santé.

Depuis le début de l’année, le nombre de carcasses d’oiseaux retrouvées par la population est significatif. La grippe aviaire n’a jamais été aussi présente et aussi virulente que cette année au Québec. Les probabilités qu’une personne croise sur son chemin une carcasse d’oiseau porteur de la maladie existent donc, surtout dans les zones peuplées d’oiseaux marins, et la vigilance est donc de mise.

«Il faut faire très attention lorsqu’on trouve une carcasse d’un oiseau mort, insiste le virologue à la retraite Jacques Lapierre. Il faut porter un habit de protection, avoir des gants et un masque N95. Il faut essayer d’incinérer la carcasse, plutôt que de la mettre à la poubelle.»

Jacques Lapierre
Photo Courtoisie
Jacques Lapierre

«Si on fait attention en manipulant les oiseaux morts, ce serait surprenant que le virus s’adapte à l’homme et qu’une transmission communautaire survienne par la suite», ajoute-t-il.

Selon M. Lapierre, l’humain doit garder une certaine distance avec les espèces sauvages. Le risque d’une situation où le virus pourrait être transmis de l’animal à l’humain est faible, mais le danger est réel, souligne-t-il.

«On est rendu un peu trop amical avec les animaux sauvages, estime-t-il. On voit que certaines personnes ont des poulaillers en ville. Si tu as une poule et que tu lui donnes un petit bec en la collant, comme j’ai déjà vu, il y a des risques. Si des oiseaux migrateurs ont passé chez vous, les selles peuvent avoir contaminé votre poule. C’est important de garder une certaine distance avec un animal.»

«Le système immunitaire va en arracher»

Le microbiologiste Marc Hamilton abonde dans le même sens. Même si le risque est minime, de bonnes mesures d’hygiène sont essentielles.

Marc Hamilton
PHOTO COURTOISIE, Marc Hamilton
Marc Hamilton

«Le risque est faible, dit M. Hamilton. Généralement, un virus va passer de l’oiseau à un autre animal, comme le porc, avant d’infecter l’homme. Cependant, il y a des cas d’exception, lorsque l’homme côtoie beaucoup un animal de ferme. Il pourrait y avoir une mutation d’une grippe H5N1 qui serait compatible à l’humain. Ce sont des grippes qui sont beaucoup plus graves qu’une grippe conventionnelle. Le système immunitaire va en arracher.»

«Pour éviter qu’un faible risque devienne réalité, l’humain doit éviter de manipuler un animal infecté et respecter des règles sanitaires strictes pour éviter la contamination», poursuit le président d’Eurofins EnvironeX.

La situation actuelle n’est pas alarmante, selon l’expert en virologie, Benoit Barbeau, professeur à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Toutefois, celui-ci croit qu’une prise de conscience s’impose.

Benoit Barbeau
Photo Courtoisie, Émilie Tournevache
Benoit Barbeau

«Les gens doivent comprendre que chaque fois qu’ils sont en contact avec [des individus d’] une espèce animale sauvage, ces derniers sont porteurs de plusieurs virus. Une transmission peut se faire très rapidement. Assurez-vous de prendre des précautions.»

Les éleveurs de volailles sont d’ailleurs fortement sensibilisés par le gouvernement pour respecter différentes normes de biosécurité essentielles à leur sécurité et celle de leur élevage.

Depuis 2003, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a répertorié 864 cas d’influenza aviaire (H5N1) chez l’humain dans 18 pays, et 53 % de ces cas ont été mortels.

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