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École à la maison: pourquoi créer de l’anxiété inutile chez nos enfants?

École à la maison: pourquoi créer de l’anxiété inutile chez nos enfants?

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Monsieur le Premier Ministre, ces jours-ci, à cause de votre gouvernement, des milliers d’enfants québécois scolarisés à la maison subissent de l’anxiété inutile avec des examens obligatoires de fin d’année en classe.

Victime d’intimidation, un garçon du primaire retourne à l’école qu’il a fréquentée pour passer son examen de fin d’année et en fait des cauchemars. Un élève agressé dans un couloir de l’école fait son examen dans l’établissement où il a subi un traumatisme et avec la possibilité de recroiser ses agresseurs.

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Des filles et des garçons du primaire qui ont vécu de l’anxiété à l’école se rendent pour leur épreuve ministérielle dans un lieu inconnu avec des personnes qu’ils ne connaissent pas.

Suspendre les examens ministériels

Nous nous adressons aujourd’hui au premier ministre, mais aussi à l'ex-ministre de l’Éducation et surtout au père de famille que vous êtes. Au nom de plus de 1800 familles-éducatrices, nous vous lançons un cri du cœur pour suspendre les examens ministériels de fin d’année imposés à nos enfants par votre ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge. En ce moment même, des milliers d’enfants scolarisés à la maison du primaire et du secondaire doivent se rendre dans des écoles et subir des situations créant du stress, de l’angoisse et de l’anxiété!

Pour plusieurs familles, l’éducation à la maison n’est pas un choix, mais plutôt une solution de dernier recours. Au Québec, plus de 50% des enfants scolarisés à domicile présentent des troubles d’apprentissage, un handicap ou des problèmes de santé mentale, auxquels le système d’éducation traditionnel ne peut répondre adéquatement. Ce n’est pas sans compromis ni sacrifices considérables qu’un parent décide de faire l’école à la maison, mais nous plaçons l’éducation de nos enfants au premier plan de nos vies de parents.

Le Québec est l’une des provinces les plus réglementées pour l’enseignement à la maison. Les familles qui font ce choix doivent rendre des comptes au ministère de l’Éducation concernant la progression scolaire de leur enfant. Cependant, le ministère exagère et oblige dorénavant nos enfants à se soumettre à des épreuves ministérielles dans une école qu’ils ne fréquentent pas.

Ces examens deviennent pour eux une immense source d’anxiété, créant un environnement contre-productif pour leur réussite scolaire.

En ce moment, les enfants de quatrième année, de sixième année et de deuxième secondaire se déplacent inutilement dans des écoles, alors que les notes d’examen ne seront pas prises en compte dans leur cheminement scolaire. De plus, l’examen ministériel pour les jeunes en sanction des quatrième et cinquième secondaire compte pour 100% de leur note, une situation injuste et inacceptable. Est-ce que les parents qui envoient leurs enfants à l’école accepteraient que l’examen final compte pour 100% de leur année? C’est une injustice pour nos enfants!

Un choix déchirant

Comme parents, nous vivons un choix déchirant: nous plier à l’exigence réglementaire du ministère ou protéger nos enfants avec des conséquences sur leur cheminement scolaire... Pourquoi faire subir de l’anxiété à son enfant pour un examen de fin d’année qui n’a aucune incidence sur son parcours scolaire? Pourquoi ajouter une pression démesurée sur les épaules d’élèves de quatrième secondaire et de cinquième secondaire avec un examen qui compte pour 100% de la note finale?

Les familles-éducatrices font partie de la solution. Nous nous inquiétons du bien-être de nos enfants. Votre ministre de l’Éducation refuse de nous rencontrer.

Pourtant, avec la situation actuelle, votre gouvernement fabrique de toutes pièces un environnement anxiogène pour nos enfants! M. Legault, aidez-nous à y mettre fin!

Marine Dumond-Després, présidente de l’Association québécoise pour l’éducation à domicile, et maman de trois enfants

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