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Montréal demeure sécuritaire, assure la Ville

Montréal demeure sécuritaire, assure la Ville
Photo Agence QMI, Thierry Laforce

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Malgré une explosion du nombre de fusillades dans ses rues, Montréal demeure une ville sécuritaire, soutient le responsable du dossier de la sécurité publique, Alain Vaillancourt. 

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«Si on se compare avec les autres villes en Amérique du Nord, Montréal demeure sécuritaire», a-t-il soutenu, en reconnaissant toutefois que la situation actuelle est «quand même préoccupant[e]».

M. Vaillancourt réagissait au rapport annuel du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Pour l’année 2021, 144 décharges d’armes à feu ont été répertoriées sur l’île, soit une chaque deux jours et demi. Une hausse fulgurante alors qu’il n’y a eu que 71 événements du genre en 2020. Les homicides ont également augmenté de 40%.

«Pour nous, ce rapport-là, ce n’est pas vraiment une surprise. On sait qu’il y a une augmentation de la violence armée. D’autant que ça fait un an qu’on travaille le dossier. Les efforts sont mis en place», a soutenu M. Vaillancourt.

Il indique à ce propos que la Ville a bonifié, à 20 M$, le financement des organismes communautaires, en plus d’avoir augmenté le budget de la police et mis sur pied l’Équipe de lutte au trafic d’armes à feu (ELTA). Il assure d’ailleurs que le SPVM bénéficie des ressources nécessaires pour faire son travail.

«Des fois, c’est long, on ne voit pas le travail sur le terrain, mais il se fait au quotidien», a ajouté M. Vaillancourt.

Le SPVM présentera officiellement son rapport mercredi à la Commission de la sécurité publique de la Ville.

Alain Vaillancourt
Photo d'Archives Agence QMI
Alain Vaillancourt

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«Est-ce qu’on a lu le même rapport?» s’est interrogé Abdelhaq Sari, porte-parole en matière de sécurité publique pour l’opposition officielle. «On a clairement vu que tous les indicateurs sont au rouge», s’est-il alarmé.

Loin de se sentir en sécurité, il estime plutôt que la situation est préoccupante. À ses yeux, l’administration municipale «n’est même pas consciente du problème».

Il réitère la demande de son parti, qui souhaiterait que la Ville embauche davantage de policiers afin d’atteindre le plafond d’effectifs actuellement permis par la loi.

«Quand je dis de la police, ça peut être de la police de proximité, une police communautaire. C’est ça, les effectifs dont on a besoin. Ils ne sont pas présents», a soutenu M. Sari.

-Écoutez Alexandre Moranville-Ouellet au micro de Mario Dumont sur QUB radio :

Pas surprenant

Professeur à l’Université Concordia se spécialisant en sécurité publique, Ted Rutland n’est pas surpris des résultats du rapport annuel du SPVM, bien qu’il admette que «toute forme de violence est préoccupante».

«Les plus fortes tendances qu’on voit dans le rapport, c’est des tendances qu’on voyait déjà dans les nouvelles et partout en Amérique du Nord. Ça nous donne des chiffres, mais il n’y a rien de surprenant», a-t-il pondéré.

Selon lui toutefois, davantage d’effectifs policiers ne seraient pas la solution à la violence, alors que ceux-ci interviennent surtout après qu’un acte soit commis, plutôt qu’en amont. Il rappelle également que Montréal dispose déjà de la plus grande proportion de policiers par habitant au Canada.

«On a mis beaucoup trop d’attention sur la police comme la solution aux actes de violence, et pas assez d’attention à d’autres formes d’actions et d’interventions», a-t-il résumé.

Il estime plutôt que Montréal devrait s’inspirer d’approches qui ont fonctionné dans d’autres villes en Amérique du Nord, en facilitant par exemple l’accès à des emplois d’été pour des jeunes marginalisés et en augmentant le financement pour les travailleurs de rue.

«La ville dit qu’ils l’ont doublé, mais c’est un très petit budget, et l’argent n’est pas bien distribué non plus. La plupart des fonds vont vers des programmes communautaires qui sont bien, mais qui ne sont pas conçus pour diminuer la violence», a-t-il souligné.

Bien qu’elle partage le constat selon lequel les données ne sont pas surprenantes, Maria Mourani, criminologue et chroniqueuse pour Le Journal de Montréal, estime que la Ville devrait combler ses effectifs policiers.

«Il n’y a pas beaucoup de policiers issus de la diversité ni de femmes. Ça peut être une occasion de remplir ce déficit pour arriver à un peu plus de représentativité», a-t-elle souligné.

Toutefois, elle rappelle qu’il est également nécessaire de mettre du financement en prévention, ainsi que dans les renseignements.

À cet égard, elle indique que le travail sur le web est important, alors que certains n’hésitent plus à s’y afficher avec des armes. «Ce que la police doit peaufiner, c’est de retirer des armes avant la commission du crime», a-t-elle expliqué.

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