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Décriminalisation des drogues: la Santé publique de Montréal en faveur

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Après que la Colombie-Britannique ait obtenu la décriminalisation des drogues dures sur son territoire, la direction régionale de Santé publique de Montréal (DRSP) s’est prononcée en faveur d’une telle mesure pour la métropole.

«On préconise qu’il faudrait décriminaliser la possession de toutes les drogues», a souligné en entrevue téléphonique la Dre Carole Morissette, médecin-conseil pour la DRSP au service Prévention des ITSS et réduction des méfaits liés aux drogues.

Le gouvernement canadien a permis à la Colombie-Britannique d’aller de l’avant, afin de diminuer le nombre de surdoses, dans le contexte de la crise des opioïdes.

Ce ne serait toutefois pas le seul bénéfice d’une telle mesure, selon la Dre Morissette.

«On sait que de criminaliser les personnes qui prennent des drogues n’a pas ou peu d’impact sur la consommation de drogue, mais ça a des impacts sur leur santé et leur condition de vie. Ça augmente les inégalités sociales», a-t-elle expliqué.

En exemple, elle rappelle que les personnes ayant un casier judiciaire auront davantage de difficultés à se trouver un logement ou à obtenir un emploi.

Selon elle, il est plutôt important de favoriser l’accès à des services de prévention et de traitement.

«Le fait d’être criminalisé peut éloigner les personnes qui en ont le plus besoin des services qui sont pertinents pour eux», a indiqué la Dre Morissette.

Elle précise que la DRSP collabore déjà avec la Ville et le service de police pour qu’il y ait une «meilleure cohésion entre les actions de la santé et de la sécurité publique».

Du côté de l’administration municipale, on voit d’un bon œil la position adoptée par la DRSP.

«Notre administration salue la prise de position de la DRSP en faveur de la décriminalisation de la possession simple de drogues. Dans une optique de santé publique, la décriminalisation sauve des vies par la réduction des méfaits», a indiqué Marikym Gaudreault, attachée de presse au cabinet de la mairesse de Montréal.

En janvier 2021, la Ville de Montréal avait d’ailleurs adopté une motion demandant au gouvernement de décriminaliser la possession simple de drogue pour usage personnel.

«Quand on traite les enjeux de consommation dans une perspective de santé publique, on crée un climat de confiance qui favorise les interventions rapides qui réduit les risques pour les consommateurs. On souhaite réitérer notre appui à cette approche», a ajouté Mme Gaudreault.

Décès liés aux drogues

À Montréal, pour avril 2021 à mars 2022, 134 décès par intoxication suspectée ont été enregistrés, soit une moyenne de 11 par mois.

De ce nombre, une proportion de 30% serait dû au fentanyl.

Pour la même période, Urgence-Santé a dû intervenir avec administration de naloxone en moyenne 40 fois par mois. Pour 2019-2020, la proportion se situait plutôt à 14 interventions par mois.

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