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Législatives françaises de 2022: 4 questions pour mieux comprendre les enjeux

Législatives françaises de 2022: 4 questions pour mieux comprendre les enjeux
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Les Français seront de retour aux urnes, dimanche, pour le premier tour des élections législatives. Avec un second tour prévu le dimanche suivant, soit le 19 juin, ces élections permettront de constituer le parlement de la prochaine mandature française. 

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Voici les principaux grands blocs politiques:  

  • le rassemblement de la majorité présidentielle autour du parti du président Macron (En Marche!) et de ses alliés (Ensemble!);  
  • l’union des forces de gauche, sous le pavillon de la «Nouvelle union populaire écologique et sociale» (NUPES) et sous la gouverne de sa frange radicale représentée par Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise;  
  • la droite traditionnelle et républicaine constituée autour du parti Les Républicains (LR) et de ses alliés;  
  • Le bloc d’extrême droite, divisé entre le Rassemblement national de Marine Le Pen et Reconquête d’Éric Zemmour.   

Tous visent à constituer la prochaine majorité dans le futur Parlement français. 

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Le scrutin  

Les élections législatives servent à élire les députés qui siégeront à l’Assemblée nationale française pour un mandat de 5 ans.  

Aux législatives, la France est divisée en 577 circonscriptions. Chaque candidat dans chaque circonscription s’affronte dans un scrutin majoritaire uninominal à deux tours. 

Si un candidat obtient plus de 50% des suffrages exprimés et un nombre de voix au moins égal à 25% du nombre d'électeurs inscrits au premier tour, il est élu. 

Sinon, un deuxième tour a lieu.  

Y sont qualifiés l’ensemble des candidats ayant obtenu au moins 12,5% des suffrages exprimés. Le candidat récoltant le plus de voix l’emporte. 

L’obtention d’une majorité permet au président de mener la politique pour laquelle il a été élu. 

La majorité absolue est de 289 députés.  

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Les grands enjeux de ce scrutin  

Cette année, les sondages ne sont pas acquis pour une majorité absolue au profit du président Macron.  

Le chroniqueur politique et professeur titulaire de la faculté de droit de l’Université de Sherbrooke, Guillaume Rousseau, nous éclaire sur 5 grands enjeux. 

L’absence de dynamique post-présidentielle met-elle déjà en difficulté Emmanuel Macron? 

Alors que les législatives sont censées être une formalité pour le camp du président nouvellement élu, l’ombre d’un doute plane sur la possibilité d’une majorité absolue. 

Pour Guillaume Rousseau, cette absence de dynamique est due au fait que «la réélection de M. Macron comme président a été rendue possible par des électeurs qui ont moins voté pour lui que contre Mme Le Pen. Et ensuite, l’union de la gauche a créé une dynamique favorable à cette gauche qui a nui aux partis macronistes». 

De ce fait, voir des sondages annonçant l’absence d’une majorité absolue pour son camp le met déjà en difficulté. «Soit il n’aura pas une majorité absolue, soit il en aura une, mais très courte. C’est assez problématique pour gouverner vu les dynamiques politiques en France», ajoute-t-il. 

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La NUPES peut-elle l’emporter, et Jean-Luc Mélenchon peut-il être «élu» premier ministre? 

Contrairement à la présidentielle, la gauche s’est unie. Cette coalition nommée «Nouvelle union populaire écologique et sociale» espère faire de Jean-Luc Mélenchon le prochain premier ministre.  

Plusieurs polémiques l’ont émaillée depuis son annonce, comme les récents propos antipoliciers de M. Mélenchon. Néanmoins, le bloc de gauche croit en ses chances. 

Pour M. Rousseau, «l’union des partis de gauche peut terminer en tête au premier tour, mais pourra difficilement l’emporter au second tour. Les électeurs de droite dont les candidats seront éliminés au premier tour risquent de voter davantage pour les partis macronistes que pour les partis de gauche au second tour». 

Il ajoute que «les sondages actuels annoncent pour l’union de gauche environ 200 députés, ce qui est loin des 289 nécessaires pour former une majorité absolue. Cependant, cette union a actuellement une dynamique en sa faveur qui pourrait lui apporter des gains si elle se poursuit jusqu’au second tour». 

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Assistera-t-on au grand effacement habituel de l’extrême droite aux législatives et à la suite de la disparition de la droite républicaine LR? 

Le mode de scrutin différent de celui de la présidentielle nuit souvent aux forces d’extrême droite.  

M. Rousseau explique que «les sondages lui accordent [au Rassemblement national] environ 20% d’appuis au premier tour. Ce n’est pas mauvais, mais c’est 7% et 8% derrière les macronistes et la gauche. Et le Rassemblement national est souvent faible au second tour.»

«On peut s’attendre à ce qu’il emporte 30 ou 40 sièges maximum. Ce ne serait pas un effondrement, car il y en avait beaucoup moins que cela avant le déclenchement des élections», ajoute-t-il. 

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L’effondrement serait plutôt pour la droite traditionnelle et républicaine du parti Les Républicains.  

«Les sondages lui accordent environ 11% des intentions de vote, ce qui devrait se traduire par 40 ou 50 sièges, alors qu’aux dernières élections législatives, elle en a obtenu plus d’une centaine.» 

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L’abstention record présumée peut-elle mettre à mal la légitimité des résultats et du mode de scrutin? 

L’abstention risque d’être record, et le mode de scrutin est de plus en plus contesté. Certains commentateurs parlent de risque de déficit de légitimité pour les futurs résultats. 

M. Rousseau rappelle qu’en démocratie les abstentionnistes ont tort.  

«À moins d’un taux de participation extrêmement faible, le résultat d’une élection démocratique est toujours légitime», explique-t-il. 

Il conclut en disant que «pour ce qui est du mode de scrutin, s’il y a un fort décalage entre la répartition des votes et celle des sièges, cela pourrait alimenter les critiques contre le mode actuel. Cela dit, ce décalage résulterait aussi du choix des partis de droite de ne pas former de coalition». 

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