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Armes: les lois doivent changer, pas le cinéma

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Photo AFP Julianne Moore

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Une série de tueries vient d’avoir lieu aux États-Unis. Des enfants sont morts, tués à bout portant.

Et comment réagissent certains artistes américains ? Ils réclament un plus grand contrôle des armes... à l’écran ! 

  • Écoutez la chronique de Sophie Durocher au micro de Philippe-Vincent Foisy sur QUB radio : 

Ben oui, chose, le GROS problème ce n’est pas que les armes se vendent comme des popsicles à tous les coins de rue. Le problème, c’est qu’on voit trop d’armes quand on va au cinéma. Hé misère ! 

Pour régler le problème d’obésité aux États-Unis, pourquoi on ne contrôlerait pas le nombre de hamburgers et de gâteaux au chocolat qu’on voit à l’écran, tant qu’à y être ?

L’ARME ET LARMES

Deux cents artistes, comme Julianne Moore (que j’adore) ou JJ Abrams (que j’adore aussi) ont signé une lettre que je n’adore pas du tout. « Nous ne demandons pas à tout le monde d’arrêter de montrer des armes à l’écran. Nous demandons aux scénaristes, aux réalisateurs et aux producteurs de faire attention aux violences par armes à feu montrées à l’écran et à promouvoir la sécurité dans le maniement de ces armes ».

Le cinéma est un art, produit par des créateurs. Chaque fois qu’on parle de « contrôler », « modérer » ou « s’ingérer » dans le processus créatif, ça me fait grincer des dents.

Je ne vais pas au cinéma pour :

1 - me faire faire la leçon ;

2 - suivre un cours de bienséance ;

3 - écouter une heure et demie de messages d’intérêt public.

« Promouvoir la sécurité dans le maniement des armes », mais quelle farce ! Les films ne sont pas là pour « promouvoir » quoi que ce soit.

Il faut vraiment avoir un urgent besoin de signaler sa vertu pour cosigner une lettre qui propose de transformer un art qui peut parfois être subversif et dérangeant en une propagande Calinours. 

Il faut surtout se mettre la tête dans le sable pour penser deux secondes que si on voit à l’écran un personnage qui prend soin de bien mettre son cran d’arrêt sur son fusil, ça va changer quoi que ce soit alors que dans le reste de la société, les armes sont aussi accessibles que des bonbons.

La première phrase de la lettre signée par ces 200 vedettes me laisse pantoise. « Les armes sont omniprésentes à la télé et au cinéma dans tous les coins du globe, mais seuls les États-Unis connaissent une épidémie de violence armée ». 

Ben justement ! C’est bien la preuve que ce sont les lois américaines qui doivent changer et pas le cinéma américain ou la télé américaine. 

UNE OFFRE QU’ON NE PEUT REFUSER

J’imagine très bien à quoi ressemblerait le film Le parrain s’il était produit aujourd’hui. 

Une des scènes classiques du film se déroule après le meurtre de Paulie, quand Clemenza dit à Rocco « Leave the gun – take the cannoli. », « Laisse le fusil, prend les pâtisseries » (une phrase improvisée par l’acteur Richard S. Castellano).

En 2022, le Comité de bienfaisance responsable de la révision des scénarios (CBRRS) dicterait que la réplique soit : « Ne laisse pas ce fusil sur une banquette de voiture, on ne sait jamais qui pourrait mettre la main dessus, un enfant pourrait tuer un innocent. Et surtout, laisse ces pâtisseries qui ont un taux de gras saturés beaucoup trop élevé ».

On ne rigole pas avec la mafia de la rectitude. 

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