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Drag queen: bling bling, bitch et bijoux

Barbada
Photo courtoisie Barbada

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Deux candidats montréalais seront dans la course pour la troisième saison de Canada’s Drag Race, qui commence en juillet.

« La prochaine ‘‘superstar du drag’’ canadienne sera-t-elle Québécoise ? » demandait hier mon collègue Bruno Lapointe dans Le Journal.

Personnellement, ça ne me fait ni chaud ni froid. Suis-je la seule qui n’éprouve aucun intérêt pour les drag queens ? Suis-je la seule à ne pas comprendre pourquoi les drag queens sont dans toutes les émissions
(téléréalités, émissions de cuisine, émissions jeunesse, etc.) ?

Suis-je la seule à qui ce phénomène échappe complètement ?

COMPLÈTEMENT INDIFFÉRENTE

On vit dans une drôle de société. On nous dit que les stéréotypes, c’est très vilain, mais en même temps on nous dit aussi qu’un homme qui se déguise en utilisant les pires stéréotypes féminins doit être applaudi.

Des talons hauts à paillettes, des cheveux longs et souvent blonds, des seins immenses, des ongles interminables, des jupes ultra courtes, des décolletés plongeants, du maquillage outrancier. Bijoux, bling-bling et bitch : c’est une image caricaturale de la femme que nous renvoient les drag queens.

Et excusez-moi de poser la question, mais pourquoi parle-t-on de ces artistes au féminin ? Jean-François Guèvremont est un vrai homme même quand il enfile des faux ongles, des faux seins, des faux cils et les faux cheveux de Rita Baga.

On nous dit simultanément que le genre est une construction sociale, que la binarité homme-femme est limitative, que des hommes sont tellement mal dans leur corps qu’ils veulent devenir des femmes (et vice versa)... mais des hommes s’habillent en femmes en utilisant les plus gros clichés de la féminité ! 

Prévenez-moi s’il y a une drag queen qui s’habille en mou, avec le cheveu gras et les yeux cernés pour ressembler à une mère de famille monoparentale qui prépare du Kraft Dinner.

Je trouve leur image de la femme tellement exagérée que j’ai envie de leur demander : « C’est comme ça que vous voyez les femmes ? Comme une caricature de pitoune ? »

La fin de semaine dernière, une heure du conte pour enfants avec la drag queen Barbada a dû se dérouler sous protection policière à Dorval, parce que des zozos avaient tenu des propos haineux sur les médias sociaux. 

C’est inacceptable. Mais je me demande pourquoi la bibliothèque de Dorval a présenté l’heure du conte avec une drag queen comme un exemple « de tolérance et d’inclusion ». Une drag queen est membre d’une minorité opprimée ou un personnage costumé ? Barbada est la vedette d’une émission pour enfants à Radio-Canada. Pourquoi pas ? Mais ne me demandez de m’extasier devant un supposé exemple de « diversité ». On ne naît pas drag queen, on le devient.

Je n’ai rien contre les drag queens. Et je n’ai rien pour non plus. Mais je ne veux pas me faire accuser de manquer d’« ouverture » si je n’éprouve aucun intérêt pour ce phénomène qui me laisse totalement indifférente.

OÙ SONT LES FEMMES ?

C’est quand même bizarre. D’un côté, on invisibilise les femmes, en parlant de « personnes avec un utérus », de « personnes ayant des menstruations » ou de « parent #1 ». De l’autre, on célèbre une féminité fantasmée, exagérée, fictive, personnifiée par des hommes.

Ai-je le droit de dire que je ne me reconnais pas dans cette nouvelle dualité ?

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