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La parc éolien Apuiat aura des retombées... à l'extérieur du Québec

Une clause de contenu québécois serait salutaire pour l’usine Marmen de Matane

Marmen
Photo courtoisie L’ajout d’exigences en matière d’achat au Québec dans le contrat Apuiat serait aussi très profitable en Mauricie. En effet, le manufacturier québécois Marmen, qui fabrique notamment des composantes d’éoliennes, possède cinq usines à Trois-Rivières.

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L’implantation du parc éolien Apuiat, sur la Côte-Nord, risque d’avoir beaucoup de retombées... à l’extérieur du Québec. Selon un document consulté par Le Journal, il n’y a toujours pas d’exigence de contenu régional ou local dans ce projet annoncé en grande pompe par le gouvernement caquiste. 

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Le chantier de 600 millions $ qui vise à générer 200 mW d’énergie à partir de 2024 est le résultat d’une entente de gré à gré entre Hydro-Québec et un partenariat entre Boralex et la société Apuiat, une société en commandite fondée par huit communautés autochtones innues. 

Annoncé au départ en 2018 par le gouvernement Couillard, le projet avait été dénoncé par François Legault en raison du manque d’exigence de contenu régional ou local.  

Legault promettait pourtant...

Le gouvernement caquiste avait mis le projet sur la glace, avant de changer d’idée, et avait fait une annonce l’an passé. M. Legault avait d’ailleurs tweeté que le projet «était gagnant pour le Québec». 

Mais selon une lettre provenant du cabinet du ministre de l’Énergie, Jonatan Julien, rien n’a changé sur la question du contenu québécois. «La loi sur la Régie de l’énergie ne prévoit pas que le projet puisse faire l’objet d’un décret de préoccupations comprenant des attentes gouvernementales en matière économique [...], tel qu’un niveau visé de contenu local ou régional», est-il écrit. 

La situation fait bondir le député péquiste de Matane, Pascal Bérubé, inquiet pour l’usine de Marmen, qui fonctionne au ralenti, faute de contrats en éolien.  

«Je veux m’assurer que dans ce projet qu’il y ait des exigences de contenu local, tel que le veut la tradition dans le secteur éolien, pour un maximum de retombées. [...] Ce que je souhaite c’est qu’on puisse relancer l’usine de Marmen de Matane», a-t-il fait valoir.  

Contacté par Le Journal, le patron de l’entreprise, Patrick Pellerin, partage les mêmes craintes et serait navré de voir la Chine remporter la mise. 

«Je ne dis pas que la game est perdue, mais la situation est difficile. On a soumissionné auprès des grands turbiniers. Plusieurs nous ont dit qu’ils regardent avec la Chine, car le produit est moins cher», se désole-t-il.  

Marmen fabrique les tours des éoliennes. Il s’agit du seul joueur québécois à avoir développé cette expertise. 

«Ce projet nous aurait aidés, car l’usine est repartie, mais on a un très petit volume. Actuellement, on ne fait pas de composantes d’éoliennes», explique M. Pellerin. 

Avec le contrat d’Apuiat, l’entreprise pourrait rappeler de 60 à 100 employés pour au moins un an, le temps de faire face au creux dans le secteur éolien, avant le retour des grands contrats à partir de 2025.

La société promet aussi...

Contactée par Le Journal, la société Apuiat assure que le contrat aura un impact pour la région. 

«Il y a des clauses qui sont confidentielles, mais le projet lui-même va assurément créer des retombées locales et régionales, au niveau des 300 travailleurs sur le chantier et des ententes de redevances», a souligné Kateri Jourdain, directrice, relations avec le milieu.

Le PQ veut des gestes concrets

Mais le député Pascal Bérubé demande à ce que le gouvernement inclue chaque fois du contenu d’ici dans tous les contrats éoliens.

«Le gouvernement doit préciser les exigences de contenu local notamment pour la région la Gaspésie administrative et la MRC de la Matanie, et aussi pour le contenu québécois», dit-il. 

Quelques autres cas où les autorités ont levé le nez sur l’expertise québécoise  

Trains indiens pour le REM (environ 280 millions $)
CDPQ Infra avait choisi Alstom – et non Bombardier – pour le contrat des trains du Réseau express métropolitain (REM) qui s’était tourné vers son usine indienne. Lors des premières livraisons, les trains présentaient des défauts et des problèmes de soudure. 

L’usine indienne d’Alstom où sont assemblés les trains du REM.
Photo AFP
L’usine indienne d’Alstom où sont assemblés les trains du REM.


Panneaux de vitres des stations du REM fabriqués à Abu Dhabi (montant inconnu)
C’est Emirates Glass, une entreprise des Émirats arabes unis qui a été choisie pour fabriquer les larges panneaux extérieurs de 26 stations du REM. Une entreprise québécoise, Prelco, avec 55 ans d’expérience, avait été laissée sur le carreau.



 

Trains californiens pour VIA Rail (1 milliard $)
En 2018, l’Allemande Siemens avait coiffé au fil d’arrivée Bombardier pour le contrat de 32 trains de VIA Rail qui ont été finalement fabriqués en Californie. Quant à l’usine de La Pocatière qui appartient maintenant à Alstom, elle fonctionne au ralenti. 



 

Trains chinois pour Exo (130 millions $)
La commande de 44 voitures avait été passée par l’Agence métropolitaine de transport (AMT), ancêtre de l’exploitant actuel Exo, à la compagnie chinoise CRRC. Après plusieurs retards, les premières voitures ont été reçues cette année. 

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