/entertainment/movies
Navigation

«Lightyear»: le grand retour de Buzz

«Lightyear»: le grand retour de Buzz
Capture d'écran, Disney

Coup d'oeil sur cet article

Dans le premier Histoires de jouets, Andy mentionne que sa figurine de Buzz Lightyear est celle du personnage d’un film qu’il a vu. Voici ce film... 

C’est de cette manière fort rapide que le réalisateur Angus MacLane a convaincu la productrice Galyn Susman de la nécessité de faire Lightyear ont-ils tous deux expliqué à l’Agence QMI en entrevue.

«Mon "pitch" a vraiment été très simple, a répondu MacLane. J’ai demandé pourquoi nous ne ferions pas le film qui a donné envie à Andy d’avoir une figurine Buzz Lightyear. J’ai expliqué que ce long métrage serait une aventure de science-fiction vraiment sympathique et qu’il ne ferait pas partie de Histoires de jouets. C’était vraiment un concept simple et je crois que c’est cet élément qui a su rallier tout le monde.»

Galyn Susman a réagi à trois mots. «Quel producteur ne veut pas travailler sur une aventure de science-fiction? C’est vraiment mon genre de film préféré», s’est-elle exclamée.

De fait, Buzz (voix de Chris Evans en version originale et Xavier Dolan en version française) est un ranger de l’espace, en mission à quelque quatre millions d’années-lumière de la Terre. Avec sa commandante et meilleure amie, Alisha Hawthorne (voix de Uzo Aduba), Buzz décide d’explorer une planète susceptible d’être habitée. Et elle l’est... par des créatures plutôt agressives. De plus, un problème technique empêche les astronautes de quitter la planète, obligeant Buzz à tenter de trouver un moyen pour rallier la planète bleue.

L’ombre du Capitaine America... et d’un chat

En version originale, la voix de Buzz est doublée par nul autre que Chris Evans, familier de Disney puisqu’il est le visage – et le corps musclé – de Capitaine America dans les films de Marvel. Mais ce n’est pas du tout son statut de super héros qui a séduit Angus MacLane, qui dit bien volontiers que Chris Evans a été son premier et unique choix.

«Buzz possède une voix iconique en tant que jouet, a dit le cinéaste, faisant ainsi référence à Tim Allen. Mais pour ce film, le ton du personnage devait changer puisqu’il passe de personnage secondaire à principal. Nous avions donc besoin de quelqu’un avec la gravité d’un acteur principal et qui pourrait, non seulement lui donner la sensibilité d’un héros de film d’action, mais aussi lui insuffler un côté comique sans pour autant noyer le drame. Et c’est pour cette raison que Chris a été mon premier et seul choix.»

«Lightyear»: le grand retour de Buzz
AFP

Comme dans tous les films de Pixar, on trouve dans Lightyear un personnage qui a comme fonction d’ajouter une touche de légèreté et d’humour brut au propos. Ici, ce rôle est dévolu à Sox, un adorable chat robotisé doublé par Peter Sohn.

«J’adore les chats, s’est exclamé Angus MacLane. En travaillant avec le scénariste Matthew Aldrich, nous avons créé un personnage qui devait être l’ami de Buzz, sa connexion à l’humanité. Même dans les films dont le public cible n’est pas les petits, il y a toujours un personnage heureux, mignon et drôle, mais sans jamais être cynique, un coeur pur. J’ai toujours aimé le minimalisme en animation – Wall-E par exemple –, car c’est un style qui possède beaucoup de charme.»

Impossible, par ailleurs, de ne pas noter un certain nombre de thématiques et de messages adressés aux amateurs des films des studios Pixar. Pour Angus MacLane qui a également travaillé comme coscénariste du long métrage, «nous voulons que les cinéphiles se soucient du cheminement de Buzz. Je savais que je ne voulais pas du tout d’un film dans lequel Buzz serait le sauveur parce que c’est un cliché. C’est de cette manière que nous sommes parvenus au Buzz de Lightyear qui pense qu’il doit résoudre le problème tout seul et qui réalise qu’il n’est pas obligé d’avoir réponse à tout. Il peut donc choisir de travailler en équipe et de, parfois, ne pas avoir de solution au problème qui lui est présenté. De fait, il doit vivre dans l’instant, sans se soucier du passé ni de l’avenir.»

«En ce moment, culturellement, on a tendance à beaucoup insister sur l’individu, a ajouté Galyn Susman. On oublie donc le fait que chaque individu a des faiblesses et qu’on est meilleur en communauté et que nous devons travailler ensemble.»

Le film interdit dans plusieurs pays

Le personnage d’Alisha Hawthorne est lesbienne. Dans Lightyear, elle épouse une femme, le couple a un fils, puis une petite-fille. Rien que du très normal, voire banal, dans la vie de tous les jours. Eh oui, Alisha et sa conjointe échangent également un baiser. Mais voilà, dans certains pays, les contenus LGBTQ+ sont censurés. Le film est donc désormais interdit en Arabie Saoudite, en Malaisie, en Indonésie, en Égypte et dans d’autres pays d’Asie et du Moyen-Orient.

«Alisha n’a pas toujours été la Alisha qu’on voit, il y avait plusieurs personnages. Je crois qu’elle est arrivée sous sa forme définitive assez rapidement. Le personnage a toujours été défini comme la représentation du passé de Buzz, de son histoire. Nous avons donc réalisé qu’Alisha devait être incluse et son orientation sexuelle faisait partie d’elle», a expliqué le cinéaste.

«La représentativité est, non seulement quelque chose d’extraordinaire, mais également un élément que nous soutenons. Ensuite, cela permet à la relation entre Buzz et Alisha d’être présentée comme une amitié très solide et non comme une relation amoureuse. Cela nous a été très utile parce que nous voulions miser sur l’amitié pendant tout le film.»

Un sujet sensible

En mars, Bob Chapek, le patron de Disney, avait indiqué qu’il ne critiquerait pas une nouvelle législation floridienne interdisant aux enseignants de parler d’orientation sexuelle ou d’identité de genre. Or, chez Pixar – le studio de «Histoires de jouets» et filiale de la compagnie de la souris –, la position politique avait choqué et les employés avaient ouvertement remis en question l’ouverture des studios sur les questions LGBTQ+.

En entrevue, tant Angus MacLane que Galyn Susman ont assuré du «soutien» des studios Disney... malgré le fait que le baiser entre Alisha et sa conjointe ait été supprimé avant d’être remis suite aux protestations du public et des organisations de défense des droits des personnes LGBTQ+.

Or, dans les pays fortement musulmans, Lightyear vient d’être interdit, une situation anticipée par le cinéaste et la productrice.

«Nous n’ignorons pas l’interdiction, et ce n’est pas comme si nous n’en avions pas parlé avant la sortie du film. Nous en avons discuté et nous avons tous décidé que c’était néanmoins approprié et que cela valait la peine», a répondu, très formellement, Galyn Susman.

Lightyear prend son envol dans un cinéma près de chez vous dès le 17 juin.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.