/opinion/columnists
Navigation

PSPP mène un combat tout à fait estimable

Coup d'oeil sur cet article

À l’automne 2020, il est devenu chef d’un parti qui lutte désormais pour son existence. Cela ne date pas d’hier : depuis le début des années 2000, la question de la survie du PQ revient en boucle.

Elle s’est radicalisée depuis que la CAQ a pris sa place comme principal parti nationaliste. 

Parti Québécois

De quelle manière celui qu’on appelle PSPP peut-il redresser la barre ? 

Il l’a fait en recentrant le Parti Québécois sur l’essentiel : son combat pour l’indépendance. 

Il y a quelques mois, on aurait pu croire cette stratégie vouée à l’échec. Les Québécois sont particulièrement soucieux de leur identité, mais ils n’associent plus nécessairement cette question à celle de la souveraineté. À tort, mais c’est ainsi. 

Mais l’évolution du contexte politique pourrait servir PSPP et lui donner un espace électoral. 

Le tumulte politique des dernières semaines rappelle aux Québécois que la Constitution canadienne représente un obstacle objectif à la promotion de leur identité. 

Ils redécouvrent que leurs lois peuvent être invalidées, déconstruites ou amendées par les institutions au service d’Ottawa. 

Ils constatent, pour peu qu’ils écoutent leur premier ministre, qu’ils ne disposent pas des pouvoirs nécessaires à la survie de la nation, notamment en ce qui concerne l’immigration. 

Et pour peu qu’ils se tiennent informés de ce qu’on dit d’eux au Canada anglais ou même dans le Montréal anglophone ou anglicisé, ils constatent qu’on ne se cache plus pour les mépriser ou les détester. 

Les Québécois francophones sont présentés comme une tribu intolérante, et toujours suspectés du pire lorsqu’ils veulent affirmer leur langue, ou même la protéger. 

Autrement dit, les Québécois redécouvrent la question nationale dans sa forme classique, j’oserais dire, dans sa forme complète. 

Dès lors, le discours de PSPP peut trouver de l’écho. 

On l’a vu notamment dans le cadre des célébrations du centième anniversaire de naissance de René Lévesque. 

Les organisateurs, pour d’obscures raisons, ont d’abord voulu le tenir éloigné des événements, comme si le chef du parti fondé par René Lévesque n’était pas le bienvenu à ce moment pourtant essentiel. Comme si certains voulaient humilier PSPP. 

Le tumulte médiatique a obligé les organisateurs à changer leur fusil d’épaule.

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

Souveraineté

Résultat : PSPP a pris la parole, et son discours, de l’avis général, était exceptionnel. Il est d’ailleurs devenu viral sur les réseaux sociaux. Cela faisait un bon moment qu’un chef souverainiste n’avait pas parlé de cette manière de l’indépendance du Québec, et de la ténacité qu’il faut pour la promouvoir même quand les vents sont contraires. 

Qu’on se comprenne bien : personne ne croit que ce discours suffira pour relancer son parti. Mais par définition, le retour de la question nationale crée un contexte plus favorable pour les indépendantistes. 

PSPP a eu une bonne semaine. Il est revenu sur la glace. Cela lui permettra de participer à la compétition.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.