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Des enseignants de cégep s’inquiètent des difficultés observées chez leurs étudiants

François Régimbal
Photo,Pierre-Paul Poulin François Régimbal, professeur de sociologie au Cégep du Vieux-Montréal, remarque une hausse de l’anxiété chez les étudiants, notamment quand vient le temps de faire un examen oral ou de travailler en équipe.

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Des profs de cégep s’inquiètent de voir autant de leurs étudiants qui peinent à formuler leurs idées par écrit ou qui abandonnent leurs cours.

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« Il y en a toujours eu, des étudiants qui ne veulent pas faire de travaux d’équipe. Mais là, c’est la moitié de mon groupe », remarque François Régimbal, coordonnateur du département de sociologie au Cégep du Vieux Montréal.

Plusieurs professeurs de cégep interrogés par Le Journal voient une nette différence entre leurs cohortes d’étudiants actuelles et celles d’avant la pandémie.

Par exemple, ils observent chez les étudiants des difficultés à coucher leur pensée par écrit, à structurer leurs idées, à analyser des textes pour aller en tirer les thèses et arguments. 

M. Régimbal note aussi une hausse de l’anxiété. « Il y en a beaucoup qui ne veulent pas faire d’oraux, qui disent : “pas question que je prenne la parole, c’est trop stressant” », illustre-t-il.

Silvie Lemelin enseigne la philosophie à Victoriaville. Elle a décortiqué les résultats d’un de ses groupes pour mieux comprendre ce qui se passe.

La moyenne globale de ce groupe est de 58 %. « Une moyenne qui coule, je n’ai jamais eu ça [avant] », s’étonne-t-elle.

Sur 29 étudiants, 10 ont terminé en échec.

« On s’inquiète »

Mais en réalité, il s’agit surtout d’étudiants qui ont carrément abandonné après la date limite ou qui n’ont remis aucun des travaux, explique-t-elle. « Avant, ça arrivait de temps en temps, mais pas dans un nombre aussi grand. »

« J’ai continué d’avoir des élèves forts, avec de bons travaux et des 90 % et plus. Ce sont les élèves qui quittent ou qui ont des problèmes de motivation qui changent tout le portrait », constate Mme Lemelin.

« On nous dit qu’il y a une forme de perte du “métier d’étudiant” », c’est-à-dire la capacité à se discipliner à avoir une bonne méthode de travail, résume Yves de Repentigny, vice-président à la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec.

« À court et moyen terme, on s’inquiète », dit Mélanie Beauchamp, professeure de philosophie au Cégep régional de Lanaudière. « On s’inquiète pour la santé mentale des jeunes, pour leur santé globale. »

« Bouillonnement » disparu

« Le retour en présentiel, c’est assurément une bonne idée. Par contre, je me demande si on les a assez préparés », se questionne-t-elle. « [Pendant près de deux ans], on leur a dit que le milieu le plus sécuritaire, c’était chez eux. »

François Régimbal rappelle qu’« étudier au cégep, ce n’est pas juste aller à ses cours. C’est aussi un milieu de vie qui a un impact sur le bien-être étudiant [...] Tout ça a foutu le camp. »

Or, même si le présentiel est de retour et que les masques sont tombés, son campus n’a pas encore retrouvé son « bouillonnement » et son « bourdonnement » d’avant, avec toutes les conversations de corridor et l’entraide que cela permet.

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