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Trump... menace un jour, menace toujours

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Photo d'archives, AFP Une foule pro-Trump affronte la police du Capitole des États-Unis devant la chambre du Sénat du Capitole des États-Unis le 6 janvier 2021.

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Ce n’est pas le Watergate ; le président qui aurait pu avoir à remettre sa démission n’est déjà plus en fonction. N’en doutez toutefois pas, les audiences de la commission qui enquête sur l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021 se révèlent tout aussi dramatiques avec leur défilé d’imposteurs, de profiteurs et de héros inattendus.

Donald Trump est un menteur fini, on le savait. Il a passé une vie entière à flouer ses partenaires financiers, les femmes qu’il a croisées et, encore aujourd’hui, des millions d’Américains qui continuent de croire ses prétentions réfutées d’une « victoire électorale écrasante » à l’élection présidentielle de 2020.

Le 6 janvier 2021, des milliers de ses partisans ont attaqué le parlement américain, afin d’empêcher la confirmation de son adversaire démocrate comme 46e président des États-Unis. Des partisans sincères jusqu’au bout de leurs hurlements, « Trump asked us to come! » (Trump nous a demandé de venir.)

MAUVAIS PERDANT

Les travaux de la commission du Congrès ont montré que Trump savait qu’il avait perdu la présidentielle : il se l’est fait dire par les responsables de sa campagne, des membres de son cabinet, sa propre fille Ivanka. Peu importe, il a perpétué le mythe d’une fraude électorale massive.

Ne réussissant nulle part à obtenir raison – ni devant les tribunaux ni auprès des responsables électoraux des différents États – il s’est jeté dans les bras d’un avocat conservateur sans scrupules, John Eastman.

Sa théorie : que Mike Pence, le vice-président d’alors, pouvait, dans le rôle cérémonial que lui octroyait le 12e amendement à la Constitution, empêcher la certification des votes du Collège électoral et, par extension, la consécration de Joe Biden comme président.

« MAUVIETTE ! »

Les constitutionnalistes américains rejettent en bloc cette interprétation du 12e amendement comme l’a fait, en janvier 2021, Mike Pence. Tel qu’escompté, la colère de Trump s’est abattue sur lui. Les semaines de pression de toutes sortes ont été suivies d’insultes (« wimp », « pussy »), puis d’une dénonciation publique via Twitter sur laquelle ses supporteurs, comme des chacals, se sont jetés.

La commission a fait entendre des appels à « Pendre Pence ! » et décrit une angoissante poursuite dans les corridors du Capitole, les émeutiers s’approchant à une douzaine de mètres à peine du vice-président en fuite. Trump, à aucun moment, n’est venu au secours de celui qui, tout le long de sa présidence, avait été son adulateur-en-chef.

« MÉFIEZ-VOUS ! »

À la toute fin de la troisième journée d’audiences, un ancien juge conservateur a lancé un avertissement glacial : « Donald Trump et ses alliés constituent un danger clair et présent pour la démocratie américaine ».

Le juge Michael Luttig est persuadé que s’ils perdent l’élection présidentielle de 2024, Trump et ses fidèles vont tout faire pour en annuler le résultat. Et avec les leçons de 2020, ils ne rateront pas leur coup cette fois.

Des doutes ? Il fallait entendre Donald Trump vendredi à Nashville. Il s’est engagé – s’il se lance dans la course à la présidence en 2024 et la remporte – à accorder son pardon à tous ceux impliqués dans l’insurrection du 6 janvier 2021, « une simple protestation », à son avis, qui a mal tourné. C’est peu dire... et c’est effrayant. 

La commission d’enquête sur l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021  

CRÉE LE 1er JUILLET 2021

Neuf membres 

  • 7 démocrates, dont Bennie Thompson, représentant du Mississippi, président de la commission 
  • 2 républicains, dont Liz Cheney, représentante du Wyoming, vice-présidente de la commission  

  • Plus de 1000 interviews ont été réalisées et des témoignages récoltés. 
  • Plus de 140 000 documents ont été amassés. 
  • Environ 2000 agitateurs ont pris d’assaut le Capitole le 6 janvier 2021. 
  • Quatre personnes sont mortes le jour de l’insurrection ; un policier est décédé de ses blessures, le lendemain. 
  • Au total, 140 policiers et agents ont été blessés par les émeutiers. 
  • Près de 850 personnes ont été arrêtées, dont plus de 250 pour agression contre un policier. 
  • Près de 300 personnes ont déjà plaidé coupables.  

LE 13 JANVIER 2021 

  • La Chambre des représentants a adopté un article en destitution contre Donald Trump pour « incitation à l’insurrection ». 
  • 57 sénateurs ont voté en faveur de sa condamnation, 43 contre. Trump a été acquitté, la majorité requise des deux tiers n’ayant pas été atteinte.  

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