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Une autre année de retard pour le REM, nouveau bond des coûts

Les trois quarts des stations n’ouvriront pas avant fin 2024 en raison du tunnel du mont Royal

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De nouveaux problèmes dans le tunnel du mont Royal vont retarder d’un an la mise en service du Réseau express métropolitain (REM) et faire bondir encore les coûts, a appris Le Journal.

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C’est la troisième fois en 18 mois que la livraison de ce projet de train électrique piloté par la Caisse de dépôt et placement du Québec est retardée (voir plus bas).

Les travaux du centre de transport du REM à Saint-Eustache ont été accélérés pour éviter que les retards ne soient encore pires que prévu.
Photo Martin Alarie
Les travaux du centre de transport du REM à Saint-Eustache ont été accélérés pour éviter que les retards ne soient encore pires que prévu.

Plutôt que d’ouvrir à partir de l’automne 2023, le trois quarts des stations (20 sur 26) ne seront pas opérationnelles avant décembre 2024.

Les premiers tests des voitures du train électrique sur la Rive-Sud de Montréal, en juin 2021.
Photo Agence QMI, Joêl Lemay
Les premiers tests des voitures du train électrique sur la Rive-Sud de Montréal, en juin 2021.

«Le tunnel représente des défis particuliers de par des explosifs centenaires qu’on a trouvés en 2020 et un état de dégradation avancé», explique le porte-parole du REM, Jean-Vincent Lacroix.  

Après l’éclatement de vieux explosifs survenu en 2020, des mesures de sécurité supplémentaires ont dû être prises, ce qui a retardé les travaux. Une deuxième explosion a même eu lieu depuis.

«On voulait ouvrir le tunnel à l’automne 2023, mais on voyait qu’on ne pouvait pas entamer les tests avant l’été 2024», dit M. Lacroix.

Des problèmes avec la construction du tunnel sous le mont Royal causent des délais supplémentaires pour l’ouverture de plusieurs gares en chantier, comme ici à Saint-Eustache
Photo Martin Alarie
Des problèmes avec la construction du tunnel sous le mont Royal causent des délais supplémentaires pour l’ouverture de plusieurs gares en chantier, comme ici à Saint-Eustache

Or, ces tests pour faire circuler les trains durent six mois, ce qui mène en décembre 2024. «Ce six mois-là est incompressible», assure le directeur de la branche Deux-Montagnes du REM, Jean-Philippe Pelletier. 

Calendrier chamboulé

Puisque le tunnel est en plein centre du réseau, cela a eu un impact sur l’échéancier de toute la portion au nord du centre-ville de Montréal.

Jusqu’à tout récemment, la Caisse promettait le calendrier de mise en service suivant :   

  • Entre la gare centrale et Saint-Laurent (la section qui comprend le tunnel) à l’automne 2023 ;   
  • Entre Saint-Laurent et Sainte-Anne-de-Bellevue au printemps 2024 ;   
  • Entre Pierrefonds et Deux-Montagnes à l’automne 2024.      

Mais désormais, tout cela n’ouvrira pas avant la fin 2024.

Plus de 6,9 milliards $

«Tant que le tunnel n’est pas livré et n’est pas testé, même si les infrastructures sont prêtes de l’autre côté, je ne peux pas déployer le REM ailleurs», indique M. Pelletier. 

Il dit avoir bon espoir de respecter le nouvel échéancier. «Tous les risques importants sont maintenant derrière nous, tout ce qui reste à faire, ce sont des travaux», souligne-t-il.

Les problèmes dans le tunnel du mont Royal ont déjà fait bondir la facture du projet de plusieurs centaines de millions. La Caisse reconnaît aujourd’hui que la plus récente estimation de 6,9 milliards $ ne sera pas respectée, mais n’est pas en mesure d’évaluer l’ampleur de ces nouveaux dépassements.

Pour ce qui est du lien vers l’aéroport, aucune date de mise en service n’a été fixée.  

Ça aurait pu être pire, dit la Caisse  

Malgré ces nouveaux retards, la Caisse se félicite de s’être évité un possible report de «deux ans» et une mise en service en 2026, en revoyant toute la séquence de tests des trains sur le réseau. 

Jean-Vincent Lacroix.
Porte-parole
Photo Martin Alarie
Jean-Vincent Lacroix. Porte-parole

Au départ, il était prévu que le réseau soit mis en service en cinq sections du sud vers le nord, en partant de Brossard, pour terminer par Deux-Montagnes. 

«À cause des enjeux dans le tunnel, si on gardait le scénario de déploiement du REM du sud vers le nord, on aurait livré le REM autour de 2026, ce qui ne fonctionne pas», explique le directeur de la branche Deux-Montagnes du REM, Jean-Philippe Pelletier.  

Ainsi, CDPQ-Infra, la filiale de la Caisse responsable du projet, a décidé d’accélérer le chantier de son centre de transport à Saint-Eustache.

Selon Jean-Vincent Lacroix, cela permettra de faire des tests au nord du tunnel du mont Royal, sans attendre que celui-ci soit opérationnel. 

«On va voir des trains [vides] circuler à partir de la fin de 2023», dit-il. 

Jamais deux sans trois  

C’est la troisième fois que l’échéancier du REM est revu depuis le début de la pandémie.  

  • En novembre 2020, la Caisse annonçait qu’une explosion dans le tunnel et la pandémie l’avaient forcée à retarder son projet de 18 mois. Les premiers passagers n’étaient donc plus attendus en 2021, mais à l’été 2022, sur la Rive-Sud de Montréal.     
  • En janvier dernier, Le Journal rapportait que de la mise en service de la branche reliant la Rive-Sud au centre-ville était de nouveau repoussée, cette fois à la fin 2022.       
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