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Un terrifiant Beterbiev veut Bivol

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Photo, AFP Petite soirée au bureau pour Artur Beterbiev, qui n’a même pas eu besoin de deux rounds complets pour faire plier Joe Smith fils samedi soir au Madison Square Garden.

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Artur Beterbiev est entré dans le ring sous les huées de la foule partisane de New York. T’as beau clamer que tu vis à Montréal, Québec, Canada, que t’es citoyen canadien, tu t’appelles quand même Artur Beterbiev. 

Et puis, s’appeler Joe Smith fils, ça ne s’invente pas. Et venir de Long Island est encore mieux pour pomper une foule à New York.

Marc Ramsay marchait à côté de Beterbiev en se rendant au ring et se disait : « Continuez, vous allez me le réveiller. Artur est sensible à ces chahuts. Il sait ce que ça veut dire ».

Douze minutes plus tard, dont cinq environ passées dans le combat, Artur Beterbiev saluait la foule. Les acclamations étaient polies. Mais il n’y avait plus de huées : « Artur était décidé. Les gens n’auraient qu’une option après le combat. La première, vous allez me respecter et la deuxième, vous allez me respecter », racontait Marc Ramsay hier matin.

UN MASSACRE TERRIFIANT

Vous le savez, le cas Joe Smith s’est réglé en moins de deux rounds. Un massacre terrifiant. Artur Beterbiev est un boxeur supérieurement intelligent. Lui et Ramsay avaient préparé un plan parfait pour Joe Smith. 

On a vu un Beterbiev très agile, presque danseur, se déplaçant dans le ring avec beaucoup de facilité. Il forçait ainsi Smith à s’enfoncer dans son style. Celui d’un cogneur unidimensionnel. Ce qu’on appelle un slugger. C’était clair et limpide. Après une minute, le match était dessiné. Le combat parfait entre un slugger et un boxeur. 

Sauf que le boxeur, quand il s’appelle Artur Beterbiev, est un puissant cogneur. Avec un synchronisme parfait. Une terrifiante machine de boxe. Dès qu’il s’est rendu compte que Smith n’essayerait pas de s’ajuster et continuerait de vouloir lui arracher la tête, Beterbiev s’est mis à le dépecer. Crochet des deux mains, jabs lourds et précis et pour achever Smith, deux puissants uppercuts de la droite et de la gauche pour lui remonter les idées en place. 

C’était fini.

Une démonstration de technique et de puissance épeurante.

Et pour vous convaincre, aller lire tous les commentateurs anglais et américains à partir de Dan Rafael. Depuis hier, ils sont unanimes. Jamais Canelo Alvarez ne va pas accepter un combat contre Beterbiev. Le seul adversaire possible est Dimitri Bivol, qui a eu besoin de 12 rounds contre Joe Smith. Et Bivol est le détenteur de la seule ceinture qui échappe encore à Artur. Celle de la WBA.

UNE ÉTAPE À LONDRES

Il y a la boxe et il y a la business de la boxe. Artur veut Dimitri Bivol. Les fans veulent Bivol. Mais les hommes d’affaires de la boxe veulent Anthony Yarde, à Londres, au mois d’octobre.

Yarde est l’aspirant obligatoire à la ceinture WBO d’Artur. Il était à New York pour le combat et a noté après le combat que les deux boxeurs lui avaient semblé lents. Allô, Houston, on a un problème.

Pourquoi Yarde ? Parce que son promoteur est Frank Warren, un vieux pote anglais de Bob Arum, président et propriétaire de Top Rank. Rien de plus facile que d’organiser un combat à Londres. ESPN serait le diffuseur aux États-Unis et tout le monde serait heureux.

Alors que Bivol est sous contrat avec un promoteur et un réseau de télé compétiteur à ESPN. C’est toujours compliqué ces histoires de télé. 

D’ailleurs, Arum parlait de Yarde dès vendredi. Avant le combat.

Alors, c’est réglé ?

Pantoute ! 

« Personne n’a encore parlé à mon oncle Marc », répond Marc Ramsay. « Ils peuvent faire les plans qu’ils voudront, Artur n’a pas d’offre sur la table. Et ce qu’Artur veut, c’est unifier toute la division en battant Bivol », a résumé Oncle Marc.

Et « Oncle » Anthony Rudman, l’avocat de Beterbiev, confirme que personne ne lui a déposé une offre quelconque pour Yarde. « Le promoteur peut tenter d’aller de l’avant, mais disons que je serais très surpris s’il essayait de bâcler un combat sans nous parler », a souligné Me Rudman avec une prudence... d’avocat.

De toute façon, ça va coûter très cher pour les services d’Artur. Il se présente à la table avec trois ceintures autour de la taille.

UNE ATTRACTION MONDIALE

Artur Beterbiev a 37 ans. Le temps est son plus dangereux adversaire. Mais le fait d’écraser un champion du monde comme Joe Smith, un bon Américain de New York, en plein Madison Square Garden, a été le détonateur dont le clan Beterbiev avait besoin pour le faire passer à un niveau commercial supérieur.

C’est simple. La planète boxe chante ses louanges à Londres, New York, Vegas, Paris et Moscou. On dit qu’il est le meilleur livre pour livre au monde et que même Canelo Alvarez est terrorisé à l’idée de l’affronter.

Artur superstar ? On dirait ben que oui...

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