/sports/baseball
Navigation

Alouettes de Charlesbourg: une receveuse avec les gars

L’équipe de Charlesbourg a fait signer un contrat à la jeune Rosalie Dufresne, seconde femme dans le circuit

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Rosalie Dufresne lors de l’entraînement au bâton des Alouettes de Charlesbourg avant la rencontre d’hier, face aux Aigles de Trois-Rivières, à Québec.

Coup d'oeil sur cet article

Rosalie Dufresne avait déjà l’habitude d’attraper des balles lancées à 90 milles à l’heure, mais elle le fera encore plus souvent cet été. La receveuse vient de signer un contrat avec les Alouettes de Charlesbourg, dans la Ligue de baseball junior élite du Québec.

• À lire aussi: Le Royal souhaite gagner à la mémoire de Flavio

Officiellement, Rosalie est ainsi la première femme à parapher un pacte avec une formation de la LBJEQ, a confirmé la ligue au Journal, lundi. 

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

Mais si elle devait voir de l’action avec les Alouettes, l’athlète de 18 ans serait la deuxième à jouer dans le circuit, après la lanceuse Victoria Lachance, des Aigles de Trois-Rivières. 

Victoria Lachance, lanceuse des Aigles, est devenue en 2019 la première transgenre à jouer dans la LBJEQ.
Photo courtoisie
Victoria Lachance, lanceuse des Aigles, est devenue en 2019 la première transgenre à jouer dans la LBJEQ.

Celle-ci est devenue il y a trois ans la première femme transgenre de la LBJEQ, après sa première campagne dans la ligue. 

L’entraîneur des Alouettes, Josué Peley, connaît Rosalie depuis longtemps. Il la dirige avec le programme sports-études des Canonniers de Québec depuis sa 2e secondaire. 

«C’est elle qui m’a demandé si elle pouvait venir s’entraîner avec les Alouettes quelques soirs par semaine, quand elle ne joue pas avec Équipe Québec», raconte-t-il. 

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

Une proposition que l’entraîneur a immédiatement acceptée. 

«La première fois que je suis venue avec l’équipe, c’était pour réchauffer les releveurs, a expliqué la jeune femme. Il n’y avait rien d’officiel. Je n’avais même pas de t-shirt des Alouettes, je portais celui d’Équipe Québec, mon équipe féminine.»

«Après, poursuit-elle, Josué m’a proposé d’être à 100 % avec les Alouettes. Et j’ai tout de suite répondu : “ben oui !”. C’était une offre que je ne pouvais pas refuser.»

Plus de balles rapides

C’est que Rosalie est une passionnée de baseball. L’athlète de Québec y joue depuis qu’elle a « 3 ou 4 ans ». La majeure partie du temps, elle porte les couleurs d’Équipe Québec senior. 

La receveuse a aussi participé aux essais d’Équipe Canada, l’an dernier à Trois-Rivières. Elle n’a pas été retenue, mais n’a pas fait une croix sur ce rêve.  

Les Alouettes, donc, constituent pour Rosalie une occasion en or de perfectionner son jeu. 

«Moi je pratique avec des filles, mais je voulais plus de balles rapides, plus de baseball», souligne-t-elle. 

Et s’il n’est pas exclu par son entraîneur qu’elle voie éventuellement de l’action durant un match, l’étudiante en technique ambulancière se dit pleinement satisfaite de son rôle actuel.

«S’ils sont dans le trouble, qu’ils manquent de receveurs, peut-être que je vais jouer. Pour l’instant, je réchauffe les lanceurs au besoin. Mais moi je tripe en ce moment, j’attrape des balles, ça me convient parfaitement», lance Rosalie en riant. 

«One of the boys»

Et l’intégration dans une équipe masculine, comment se passe-t-elle?

«Ça n’a pas été un problème, pointe son entraîneur. La moitié des gars s’entraînent aussi avec moi au sports-études, alors ils la connaissaient déjà. Rosalie est cool, on dit souvent qu’elle est one of the boys

«Une des raisons pour lesquelles j’ai accepté de rester, renchérit la jeune femme, c’est qu’il y avait beaucoup de joueurs que je connaissais. Être la seule fille dans une équipe de gars de 17 à 22 ans, ça peut faire reculer. Mais là je les connaissais, ils me jasent, c’est super le fun

«La petite guerrière»

Le commissaire de la LBJEQ, Rodger Brulotte, a parlé lundi de la signature de Rosalie comme «d’un moment important pour toutes les joueuses de baseball». 

Le directeur du programme sports-études des Canonniers de Québec, Jean-Philippe Roy, a pour sa part souligné la ténacité «de la petite guerrière», qu’il connaît depuis plusieurs années. 

«Elle a tellement travaillé fort depuis longtemps. Au départ, il fallait faire attention, elle ne pouvait pas être la receveuse de n’importe quel lanceur. Et depuis deux ou trois ans, elle est receveuse pour les meilleurs lanceurs de la région de Québec, des gars qui lancent à 90 milles à l’heure», a louangé M. Roy. 

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.