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Biodiversité: dernière ligne droite avant la COP15 à Montréal en décembre

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AFP

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Des délégués du monde entier se sont retrouvés mardi à Nairobi pour négocier un accord, attendu depuis 2020, pour protéger la nature mise à mal par les activités humaines. En ligne de mire: la COP15 biodiversité qui aura finalement lieu en décembre au Canada avec plus de deux ans de retard.  

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Prévue initialement en octobre 2020 en Chine, la conférence COP15 a été repoussée maintes fois. Une première partie, protocolaire, s'est tenue à Kunming en octobre 2021. La seconde, où doivent aboutir les négociations, aura finalement lieu du 5 au 17 décembre à Montréal, siège du secrétariat de la CDB qui a confirmé les nouvelles dates mardi, la politique zéro COVID de Pékin ayant rendu impossible sa tenue en Chine.

Les 196 membres de la Convention pour la diversité biologique (CDB) de l'ONU – 195 États et l'Union européenne, sans les États-Unis – travaillent à un cadre mondial pour «vivre en harmonie avec la nature» d'ici 2050, avec une étape en 2030. 

Le temps presse, alors que les États ont échoué à tenir leurs engagements sur la dernière décennie et que la dégradation de la nature, qui fournit eau potable, air et nourriture, se poursuit à un rythme effréné. 

Dans ce texte, que certains espèrent aussi ambitieux que l’Accord de Paris pour le climat, il est question de protéger au moins 30% des terres et océans d’ici 2030, de réduire les pollutions plastique et agricoles ou encore de s’assurer de la bonne mise en œuvre des objectifs adoptés. 

«Il est important d’augmenter la protection de la nature, la restauration de zones dégradées et d’éviter de nouvelles dégradations d’habitats naturels par le développement d’infrastructures et les pollutions», résume Linda Krueger de l’ONG The Nature Conservancy. 

Les négociations entamées en 2020 ont été bouleversées par la COVID-19. Les délégués des différents pays se sont retrouvés pour la première fois en personne en mars dernier à Genève. Une quinzaine de jours de travail acharnés n’ont pas suffi et rendez-vous a été fixé à Nairobi du 21 au 26 juin, pour une dernière session de discussions avant la COP de décembre elle-même. 

Financement

La session de Genève a débouché sur un texte touffu. Des crochets apparaissent presque à chaque ligne, ce qui signifie que les formulations retenues pour l’instant ne font pas consensus. Des paragraphes entiers sont grisés faute d’avoir pu être discutés en détail. Des objectifs chiffrés contenus dans une version précédente du texte ont sauté. 

«La réunion de Nairobi doit répondre à une question simple: allons-nous ouvrir la COP15 sur des bases solides ou chancelantes?» commente auprès de l’AFP Li Shuo de Greenpeace.

La question des financements sera au cœur des débats. 

À l’image de ce qui se passe dans les négociations internationales pour le climat, elle divise profondément pays en développement et pays développés. À la clôture de la réunion de Genève, une coalition de pays d’Afrique, d’Amérique du Sud et centrale a créé la surprise en demandant «au moins 100 milliards de dollars par an dans un premier temps, puis 700 milliards de dollars par an d’ici 2030 et au-delà» aux pays riches, des sommes inatteignables selon ces derniers. 

«Un défi clé sera de rebâtir la confiance concernant les finances entre pays développés et en développement», qui abritent une grande part de la biodiversité mondiale, commente Oscar Soria, de l’ONG Avaaz, faute de quoi il sera difficile de s’entendre sur ces objectifs ambitieux, craint-il.

De nombreuses ONG plaident pour une plus grande reconnaissance du rôle des peuples autochtones, dont les territoires abritent une riche biodiversité. 

Au moment où s’ouvrent les négociations à Nairobi, des Massaïs quittent la réserve naturelle de Ngorongoro en Tanzanie dans le cadre d’un programme de relocalisation volontaire du gouvernement, critiqué par des militants des droits humains. «C’est exactement ce qu’il faudra éviter» dans le cadre du nouvel accord, estime Jennifer Corpuz, une représentante autochtone des Philippines. 

Le nouveau cadre doit reconnaître le «rôle majeur des jeunes chefs de file, des peuples autochtones et des communautés locales et des femmes dans la protection de la biodiversité», insiste Kaluki Paul Mutuku, directeur Afrique de Youth4Nature.

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