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France: la première ministre a remis sa démission à Macron, qui l'a refusée

France: la première ministre a remis sa démission à Macron, qui l'a refusée
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La première ministre Elisabeth Borne a remis mardi sa démission à Emmanuel Macron, qui l’a refusée, alors que le président français se trouve depuis dimanche dans une impasse, les législatives ayant privé son camp de la majorité absolue à l’Assemblée nationale. 

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Mme Borne demeurera au pouvoir «afin que le gouvernement puisse demeurer à la tâche et agir en ces jours», a annoncé la présidence mardi.

La première ministre va réunir l’ensemble du gouvernement en début d’après-midi, a annoncé son entourage à l’AFP. Les trois ministres battues dans les urnes, appelées de ce fait à démissionner, seront présentes.

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Il est de tradition après les élections législatives que le chef du gouvernement propose sa démission. Cette démarche revient à une nouvelle légitimation du premier ministre, aussitôt renommé à son poste par le président.

Elisabeth Borne
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Elisabeth Borne

Mardi, Emmanuel Macron a choisi à l’inverse de refuser cette démission rituelle, alors que se profile pour lui un tunnel d’obligations internationales (Conseil européen, G7, sommet de l’OTAN) à partir de jeudi.

Il va, avant cela, mener «les consultations politiques nécessaires (...) afin d’identifier les solutions constructives envisageables au service des Français», a précisé son service de communication.

Le président français, qui a été réélu en avril pour un second mandat de cinq ans, doit recevoir mardi et mercredi les chefs des partis de l’opposition.

Il recevra ce jour six d’entre eux, notamment le représentant des Républicains (LR, droite), du Parti socialiste (PS) et du Rassemblement national (RN, extrême droite).

Et ce alors que les patrons du PS Olivier Faure et du Parti communiste Fabien Roussel ont indiqué qu’ils n’excluaient pas de faire tomber à terme le gouvernement d’Elisabeth Borne.

La France insoumise (LFI), parti leader de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes), la coalition des partis de gauche rassemblée derrière Jean-Luc Mélenchon qui s’est classée deuxième aux législatives, compte déposer une motion de censure contre le gouvernement le 5 juillet.

Si la majorité des députés la votait, ce qui nécessiterait un improbable accord entre la gauche, la droite et l’extrême droite, le gouvernement tomberait.

«Valeurs républicaines»

La France entre dans une période de grande instabilité politique du fait de l’absence de majorité absolue pour les troupes d’Emmanuel Macron à l’Assemblée nationale.

La coalition centriste libérale, qui s’est appuyée pendant le premier mandat de cinq ans de M. Macron sur une confortable majorité absolue (fixée à 289 députés), ne conserve que 245 sièges sur 577 à l’issue du scrutin.

Le reste de l’hémicycle se répartit principalement entre la Nupes (au moins 150 sièges, selon un décompte de l’AFP), l’extrême droite (89) et surtout la droite classique (61), qui semble se retrouver en position d’arbitre et à qui le camp présidentiel a immédiatement tendu la main.

Mais avant sa rencontre avec M. Macron, le président de LR Christian Jacob a rejeté mardi toute idée de pacte de gouvernement, assurant que son parti ne serait pas la «roue de secours» de la majorité. «Nous restons dans l’opposition de matière déterminée mais responsable», a-t-il ajouté.

Le secrétaire général de LR Aurélien Pradié avait néanmoins indiqué lundi qu’il n’était «pas question» pour lui de voter la motion de censure de LFI, faute de «valeurs républicaines» et d’un «projet» partagés «pour l’avenir de notre pays».

La coalition présidentielle, dont le projet de retraite à 65 ans est rejeté tant à gauche qu’à l’extrême droite, doit conclure soit un accord de gouvernement avec d’autres partis, un scénario classique en Allemagne mais inusité en France, soit négocier ponctuellement sur chaque texte de loi.

Cette configuration replace le Parlement au centre du jeu politique, une première depuis 1958 et la Ve République.

Après un premier quinquennat marqué par des épisodes clivants, comme le mouvement populaire des «gilets jaunes» en 2018-2019, et dans un contexte international tendu qui pèse sur la pouvoir d’achat, M. Macron --souvent qualifié de «président des riches»-- ne bénéficie pas d’une cote de popularité très élevée (56% des Français ne pensaient pas qu’il était un bon chef de l’État, selon un sondage Odoxa du 31 mai).

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