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Glissement de terrain à La Baie: un outil pour aider les sinistrés

Glissement de terrain à La Baie: un outil pour aider les sinistrés
Photo Agence QMI, Roger Gagnon

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Après le prolongement de l’état d’urgence à Saguenay, des sinistrés de La Baie commencent à manifester leur désir de quitter pour de bon le secteur à risque de glissements de terrain et attendent de bonnes nouvelles lors de la visite du premier ministre mercredi.

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Lundi, le conseil municipal de Saguenay a voté une résolution pour prolonger l’état d’urgence. En soirée, Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique, a autorisé la demande.

Le premier ministre doit rencontrer des sinistrés à La Baie mercredi.

François Legault s’entretiendra ensuite avec la mairesse de Saguenay, Julie Dufour, et la ministre responsable de la région, Andrée Laforêt.

Prêts à partir

La visite coïncide avec le souhait de certains sinistrés de quitter l’endroit.

«C’est fini. Moi, mon voisin d’à côté, celui d’en face. Il y en a plein qui ne retournerons pas dans le secteur, c’est certain», estime un évacué, Jonathan Ouellette.

Il suggère même que la Ville s’informe auprès des sinistrés pour prendre connaissance de ceux qui ont l’intention de partir.

«Ça enlèverait des maisons et ça leur donnerait plus de place de manoeuvre pour travailler sur le terrain», avance-t-il.

Pour Marius Harvey, un résident de la 8e avenue «évacué depuis neuf semaines», le deuil était «fort probablement presque fait» dimanche.

«Je suis le voisin de la maison qui est tombée. Ça me surprendrait bien gros que je puisse rester là. Je crois que c’est fini. Ça va être dur après 48 ans, mais que voulez-vous qu’on fasse. On n’a pas le choix. Comme disent nos chères assurances, c’est la main de Dieu, donc on s’en lave les mains», a-t-il raconté avec émotion.

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Chute de la valeur

Quoi qu’il advienne après d’éventuels travaux, Jonathan Ouellette pense que le mal est fait.

«Qui va vouloir acheter ces maisons? Un de mes anciens courtiers m’a dit que je recevrais sûrement des offres ridicules. Les acheteurs vont savoir que ma maison est bien construite, mais que je n’aurais plus de choix de vente. Je ne veux pas me retrouver dans cette situation. Le casse-tête est déjà assez immense comme ça», regrette-t-il.

À l’heure où la valeur des maisons a explosé, les programmes du gouvernement offrent jusqu’à 210 000$ pour une maison et 50 000$ pour un terrain.

Appréciant jusqu’ici le travail au niveau politique tant à Saguenay qu’à Québec, il est confiant que l’aide financière du gouvernement sera à la hauteur.

«Je ne suis pas inquiet que d’autres trucs vont arriver», affirme M. Ouellette.

Retraite en péril

Serge Carrier est celui chez qui la maison qui a glissé en bas talus s’est retrouvée.

«On sait très bien que les chances sont minces qu’on puisse revenir, mais on garde espoir tant que la maison n’est pas détruite», dit-il.

Mais au-delà de la maison, c’est son contenu auquel il est le plus attaché.

«Quand on a été évacué, on a eu 15 minutes et on a pu y retourner deux fois 15 minutes. On n’a ramassé que des vêtements. On envisage déménager, mais j’aimerais récupérer des affaires personnelles, des souvenirs, des œuvres d’art, ça n’a pas de bon sens», soupire-t-il.

Craignant de se retrouver pour de bon «dans un 3 1⁄2», il «souhaite» que le programme de compensation soit amélioré.

«Ma maison fait 30 (pieds) par 40. On a fait beaucoup de rénovations et l’évaluation municipale ne représente pas tout ça. Si le gouvernement se base sur l’évaluation, c’est sûr que ça ne fait pas mon bonheur. Jamais je ne serai capable de me payer une autre maison comme ça, avec une vue et un terrain comme j’avais», s’inquiète M. Carrier.

La catastrophe qui secoue La Baie a un impact important sur son futur.

«La maison, c’est notre coussin de retraite. C’est nos derniers jours qu’elle servait à financer. En vendant la maison à un prix correct, on pouvait aller dans une maison de retraite avec des services. J’espère que M. Legault va tenir compte de ça», espère Serge Carrier.

Mais, pour le moment du moins, ce n’est pas tout le monde qui est prêt à tourner la page.

«On fait encore notre deuil. Ça pleure encore le soir (à l’hôtel), c’est pas drôle», conclut Jonathan Ouellette.

Générosité

Par ailleurs, comme «énormément» de gens du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont signifié leur volonté de faire des dons aux sinistrés de La Baie, la Ville a mis trois formulaires en ligne sur la page d’accueil de son site internet pour gérer cette aide.

Le premier s’adresse à ceux qui ont des meubles et des électroménagers à donner, le deuxième pour trouver des logements libres et le troisième pour les personnes qui ont des services à offrir, tel que garder un animal de compagnie.

«Le logement est assurément le plus gros défi. Ça va relativement bien. Certaines personnes sont encore à l’hôtel. L’objectif est de trouver un logement adéquat d’ici la fin de la semaine, une solution permanente pour le temps que durera l’évacuation. C’est compliqué parce que les besoins ne sont pas les mêmes pour tout le monde», a expliqué Dominic Arsenault, porte-parole de la Ville.

«Nous cherchons des réfrigérateurs, des lits, des tables à manger par exemple, poursuit M. Arsenau. Une équipe de la Ville va entrer en contact avec les donateurs pour la logistique.»

Il a souligné que les dons de vêtements et de vaisselle doivent être faits à des organismes communautaires du milieu et non sur le site de la Saguenay.

Dominic Arsenault, porte-parole de la Ville de Saguenay.
Photo Agence QMI, Roger Gagnon
Dominic Arsenault, porte-parole de la Ville de Saguenay.

La Ville offre aussi maintenant un guichet unique à l’usage exclusif des sinistrés, le (418) 697-5117.

Parachèvement

Les deux digues qui doivent empêcher qu’un éventuel autre glissement de terrain ne sorte du périmètre de sécurité sont maintenant complétées.

Pour ce qui a été de ce périmètre, «les clôtures ont été renforcées. Il y aura dès ce soir de la surveillance de la police et par des agents de sécurité ainsi que de l’éclairage. On le répète, il ne faut pas aller dans le périmètre, c’est dangereux», a précisé M. Arsenau, qui a aussi mentionné «plusieurs témoignages de la présence de rôdeurs».

Le périmètre a été légèrement agrandi «pour des raisons de protection des lieux et de surveillance. Ce n’est pas en lien avec l’évacuation», a insisté Carol Girard, chef de la sécurité incendie de Saguenay.

Tests

L’équipe technique qui effectue des tests au piézocône a arrêté ses travaux vers 10h30 ce matin à la limite du périmètre de sécurité.

«Ça leur permet de faire des analyses avec ce qu’ils ont. Ils vont recommencer plus loin plus tard», a ajouté M. Girard, qui s’attend à obtenir de premiers résultats dès demain, mercredi.

Le piézocône permet de connaître les diverses strates du sol pour ainsi déterminer ses caractéristiques, la pression de l’eau à l’intérieur et sa capacité portante par exemple.

Les informations recueillies devraient éventuellement permettre de savoir si le périmètre de sécurité peut être réduit.

Jusqu’à maintenant 187 personnes ont été évacuées. Rappelons que la Sécurité publique s’attend à ce qu’un autre glissement se produise.

– Avec la collaboration de Pierre-Paul Biron

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