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Mary Spencer et ses «enfants»

Mary Spencer
Photo courtoisie, Eye of the Tiger Management La boxeuse Mary Spencer s’est entraînée avec intensité, hier, à l’Académie de boxe Marc Ramsay, à Montréal.

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C’est le 21 juin. Jour du solstice d’été. Jour du soleil. C’est aussi la Journée nationale des peuples autochtones. Donc, la célébration de la solidarité des peuples des Premières Nations pour la boxeuse Mary Spencer.

J’étais à mille lieues de penser que je m’enlignais pour un article sur les célébrations autochtones du solstice d’été en me rendant au gymnase de Marc Ramsay.

Il y avait Erik Bazinyan, Steven Butler, Artem Oganesyan et surtout Ramsay, les yeux petits et malcommodes, qui revenait de New York avec plein d’histoires dans sa besace.

Mais quand j’ai commencé à jaser avec Mary Spencer, tout a pris le bord. La journée de la publication, l’histoire et surtout, elle, cette grande belle femme sensible et volontaire, tout s’est mis en place.

KITCHENUHMAYKOOSIB INNINUWUG

Faut que vous sachiez que les as du pupitre qui corrigent mes chroniques savent que j’ai le don de mal écrire les noms. Ça doit être une forme de dyslexie. Mais là, je bats mon record. C’est l’épouse de Mary Spencer elle-même qui l’a écrit. Donc, dès l’âge de 2 ans, Mary s’est retrouvée à Kitchenuhmaykoosib Inninuwug, une communauté autochtone au nord de l’Ontario. Son père, fier Ojibwé de Cape Croker First Nation et sa mère native de Chicago y vécurent plusieurs années. Mary a grandi dans l’esprit des Premières Nations. 

Elle pose avec des enfants de la communauté de Kitchenuhmaykoosib ­Inninuwug, en Ontario.
Photo courtoisie, Mary Spencer
Elle pose avec des enfants de la communauté de Kitchenuhmaykoosib ­Inninuwug, en Ontario.

Puis, la famille a déménagé en ville. Et Mary a découvert la boxe.

« La boxe m’a forgée. J’ai appris que je pouvais avoir une journée abominable à l’école et être malheureuse le soir et être extraordinairement heureuse le lendemain grâce à la boxe », raconte-t-elle.

Sa fabuleuse carrière aux Jeux olympiques, aux Jeux panaméricains et aux Championnats du monde, sa rivalité épique avec Ariane Fortin, sa vie était remplie d’exploits et de réussites. 

Mais en 2010, elle a découvert ce que faisait le boxeur Kent Brown à Cross Lake, à 10 heures au nord de Winnipeg, au Manitoba. Elle s’est informée, s’est rendue sur place et a vu le succès de son travail auprès des jeunes Autochtones. Elle a commencé à s’impliquer au point de recevoir de nombreux honneurs pour son travail et son dévouement aux causes autochtones.

KASHECHEWAN, DIT KASH

Puis en 2016, elle s’est retrouvée à Kashechewan, au nord de l’Ontario. C’est une communauté crie. On lui a offert un poste d’enseignante.

« Puis, un jour, avec mon propre équipement, mes gants et le reste, j’ai commencé à faire découvrir la boxe aux enfants. Ç’a été comme une révélation », dit-elle.

Bien sûr, les enfants découvraient la boxe. Mais ils découvraient le sport. La compétition. Et surtout le sens de la discipline et de l’engagement. Mary leur racontait qu’à 10 ou 11 ans, elle voulait des souliers de basketball. Elle rêvait à ces souliers de 120 $. Pendant des semaines, elle a ramassé des bouteilles vides jusqu’au moment où elle s’est payé ses souliers. Plus tard, adolescente, elle participait aux Jeux autochtones aux États-Unis... en basketball.

Donc, avec de la détermination et du travail, on pouvait faire de grandes choses. 

FAIRE CONSTRUIRE UN RING

Mary Spencer, à force de persuasion, a pu faire construire un ring dans une salle désaffectée. Puis, des anciens coachs lui ont fait parvenir de l’équipement déjà utilisé.

« Mais les résultats des enfants m’ont touchée au cœur. J’ai vécu à Kash pendant deux ans. J’ai vu les enfants se développer. Ce furent de grands moments dans ma vie. C’est beaucoup ces années à Kash qui m’ont incitée à devenir professionnelle et à reprendre ma carrière. Je voulais demeurer un exemple, et toutes ces heures dans le ring avaient rallumé la flamme », raconte-t-elle.

Aujourd’hui, Mary est mariée à une Québécoise. Sa carrière et sa vie personnelle prennent beaucoup de son temps. Mais elle suit les progrès de ses jeunes à Kash. Elle leur parle, analyse leur performance à l’entraînement et leur raconte ses aventures chez les pros.

Toujours en harmonie avec l’esprit des Premières Nations...

ET MARIE-ÈVE DICAIRE

Après son entraînement, c’est une machine de vitesse et de puissance, on a jasé de Marie-Ève Dicaire avec son entraîneur Ian MacKillop et Anson Wainwright, un journaliste britannique de Ring Magazine, débarqué au gym pour le gala de jeudi.

Mary a fait beaucoup attention pour ne blesser personne. Mais le consensus chez les autres participants à la conversation était clair.

Marie-Ève Dicaire va se pousser le plus loin possible de Mary Spencer...

P.-S. La fête de Noël a remplacé une ancienne fête païenne célébrant le 21 décembre, le solstice d’hiver. Donc, puisque c’est païen, on peut la célébrer sans offenser Valérie Plante.

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