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Ces femmes qui dérangent

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Photo d’archives, Didier Debusschere Catherine Dorion

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Les paris sont ouverts en vue de la prochaine campagne électorale. Surtout dans le comté de Taschereau, laissé vacant par l’inédite Catherine Dorion.

Et pourtant, une certitude. La course y sera moins intéressante. Voyez-vous, sur la route de sa professionnalisation, Québec solidaire a choisi Étienne Grandmont, un expert fort respecté en transports en commun, pour y défendre ses couleurs.

On ne peut que se demander si l’appui qu’avait offert Catherine Dorion à l’autre candidate en lice, Madeleine Cloutier, n’a pas, malheureusement, fini par lui nuire.

Car on a beau parler de l’ascension des femmes en politique, la réalité demeure qu’on préfère les femmes qui ne dérangent pas trop.

Oui aux femmes, pourvu qu’elles soient comme les autres.

Trop

Remarquez le débat public. 

Dominique Anglade est trop ambitieuse. Catherine Dorion était trop exaltée.

Elles ne sont pas les seules.

Pauline Marois était trop bourgeoise. Christine St-Pierre était trop sanguine. MarieChantal Chassé était trop robot. Marwah Rizqy est trop agressive. Manon Massé est trop marginale. Danielle McCann était trop molle. Véronique Hivon aurait même été trop consensuelle.

Il y a aussi la longue liste des trop exigeantes, trop bêtes, trop difficiles. 

En politique, on aime les femmes lisses. Sans failles. Sans aspérités.

À compétences égales, les gouvernements préfèrent trop souvent une Geneviève Guilbault à une Lise Thériault.

Paradoxe

Et pourtant, on affirme vivre dans un monde où l’authenticité serait la clé du succès en politique. La cote de popularité de François Legault en fait foi.

L’électorat appuie François Legault avec ses forces et ses failles, sous prétexte que les Québécois se reconnaissent en lui. Ils se reconnaissent dans ses approximations, qui n’a jamais tourné les coins ronds ? Ils se reconnaissent dans ses coups de gueule, parce que dans l’fond, il n’a pas totalement tort. 

Vous me direz que François Legault est une bête politique unique, qui a eu la chance d’être au bon endroit au bon moment. Peut-être, mais pas nécessairement.

De par la marge d’erreur que lui consent l’électorat, il incarne aussi une réalité que l’on préfère taire. Il existe une plus grande tolérance à l’égard des hommes que des femmes dans l’espace public.

Loin de moi l’idée de lancer un débat sur la masculinité toxique. Ce type de discours m’a toujours semblé nocif et totalement contre-productif.

N’empêche, il demeure paradoxal qu’à l’heure de l’authenticité, les femmes se font reprocher la leur.

Vraies

Je ne partage pas ses opinions, je l’ai souvent critiquée, et pourtant Catherine Dorion va me manquer. Elle nous a collectivement forcés à voir l’engagement du député sous un autre angle.

J’aurai toujours un faible pour Christine St-Pierre, qui m’a convaincue de ne pas renoncer à être maman. Mais surtout, je sais que derrière ses esclandres, il y avait une passion aussi noble que féroce pour le Québec.

Je souhaite surtout à Marwah Rizqy de transmettre toute sa fougue à son futur garçon.

Parce que ce sont celles et ceux qui dérangent qui font avancer la société.

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