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Histoire toxique de gros mensonges

Tom Renney, chef de la direction de Hockey Canada, avait l’air bien détendu lors de son témoignage devant des élus à Ottawa, lundi.
Photo Agence QMI, Marc DesRosiers Tom Renney, chef de la direction de Hockey Canada, avait l’air bien détendu lors de son témoignage devant des élus à Ottawa, lundi.

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Hockey Canada se retrouve embourbée dans ses mensonges. Et son incompétence crasse. Une jeune présumée victime se retrouve plus riche de 3 millions $ et huit jeunes hommes, dont certains jouent dans la Ligue nationale, se retrouvent soupçonnés d’un viol collectif sans qu’on puisse les identifier. 

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Et au moins 12 autres qui étaient de la même fête en juin 2018 risquent de vivre avec un nuage noir au-dessus de la tête même s’ils n’ont rien à voir avec ce qui a pu se passer dans la pièce... du crime allégué. Puisque dans la tête de plusieurs, ils auraient pu être l’un des huit.

En plus, même si la police voulait reprendre l’enquête et qu’elle rencontrait les huit joueurs soupçonnés d’avoir commis un crime, il n’y a pas un procureur au pays qui pourrait gagner une cause devant un juge quand la victime a déjà accepté 3 M$ en compensation. 

Dans une cour de Justice, les avocats de la défense la déchireraient en mille miettes. 

C’est une affaire toxique. Un cas toxique. Et Hockey Canada ne s’en sortira pas indemne. Tout le monde sera sali à la fin de l’histoire.

Et on risque sans doute de ne jamais savoir ce qui s’est passé dans la réalité.

LA CRAINTE DES TRIBUNAUX

L’idéal, pour la Justice, aurait été que la présumée victime dépose une plainte à la police de London. Le jour même des allégations. Qu’on lui fasse subir des examens à l’hôpital et que la police déclenche une vraie enquête pour recueillir des preuves s’il y avait eu crime. On peut présumer que toutes les personnes possiblement impliquées étaient majeures. 

Mais peut-on blâmer une jeune femme de 20 ans de ne pas avoir voulu mettre le doigt dans l’engrenage de la Justice ? Elle avait accepté d’avoir une relation sexuelle avec un joueur. Elle avait bu. Elle a sans doute craint de voir sa crédibilité attaquée.  

Et puis voir la police, c’est risquer un procès. Voir toute sa vie décortiquée par des avocats retors et agressifs. Tellement de victimes ont souffert pendant ces procès souvent publicisés qu’on comprend la décision de ne pas vouloir s’enfoncer dans des années de lutte.

Éviter les médias

Les avocats de la présumée victime ont été patients. Parce que Hockey Canada n’était pas directement impliqué dans l’affaire. Sauf que le gala de cette soirée était organisé pour amasser des fonds pour l’énorme fédération.

Quand ils ont déposé la poursuite contre Hockey Canada, la Ligue canadienne junior et les huit John Doe, c’est Hockey Canada qui a ramassé le ballon et qui a vite entamé des négociations avec les avocats de la victime alléguée pour régler le problème à sa façon. Valait mieux payer 3 M$ que de se voir traîné dans les médias.

Heureusement, un journaliste de TSN a eu vent de la poursuite et a sorti l’histoire.

Tom Renney et son successeur ont enfilé une magnifique collection de menteries, de mensonges et de demi-vérités dans leur témoignage devant le comité permanent. Je ne crois pas une minute leurs histoires.

S’il n’y avait pas de démonstration d’éléments majeurs dans la poursuite et l’enquête privée qu’il y avait au moins apparence d’agression sexuelle, pourquoi avoir accepté en un mois de payer 3 M$ ?

Et croyez-vous vraiment que pas un dollar de ces 3 M$ ne vient des fonds publics ? Donc de vos impôts et taxes ?

Et croyez-vous naïvement que les dirigeants de Hockey Canada ne connaissent pas l’identité des joueurs impliqués ?

Des mensonges, des mensonges et encore des mensonges, dirait Pierre Bruneau. 

Que fera Gary Bettman ?

Heureusement, il n’y aura plus moyen de noyer complètement l’affaire. Même si elle est complètement toxique et que des poursuites au criminel ne semblent plus possibles. 

Une jeune femme a préféré recevoir 3 M$ que de risquer d’être traînée dans la boue devant un tribunal. J’espère que cet argent va l’aider à guérir le traumatisme qu’elle aurait subi. 

Quant aux huit John Doe, ils ont bien plus à craindre des dirigeants de la Ligue américaine et de la Ligue nationale que de la police. Gary Bettman n’entend pas à rire avec ces allégations d’agression. Parlez-en à Stan Bowman et à Joel Quenneville qui ont payé de leur carrière leur laxisme dans l’histoire survenue à Chicago.

L’espoir, c’est que ça finisse par convaincre de jeunes hommes de se comporter avec respect même quand ils ont trop bu ; même si une jeune femme éméchée se joint au party.

En fait, faudrait finir par passer le message. C’est respect. Toujours. Soûl ou pas soûl.

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