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Indigne d’un pays du G7

Passeport
Photo courtoisie, Sophie Gingras Les policiers de Laval sont même intervenus, comme ici vendredi, au bureau de Service Canada pour disperser des gens qui attendaient en file.

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 J’ai passé une nuit à la belle étoile devant le complexe Guy-Favreau, le principal centre de passeports à Montréal.  

J’ai passé la nuit dehors sur une chaise pliante parce que mon gouvernement n’est plus capable de délivrer ses passeports. Hier, des ministres fédéraux ont enfin reconnu la gravité de la crise.  

J’ai passé la nuit dehors parce que les gestionnaires des édifices fédéraux où sont situés les bureaux de passeports ont décidé de ne pas accommoder les citoyens. Ils n’ont pas voulu embaucher quelques gardiens de nuit pour autoriser les files d’attente à l’intérieur, avec des toilettes et à l’abri des intempéries. Bien que les citoyens qui attendent soient les pauvres victimes de leur incompétence.

Mario Dumont au bureau des passeports.
Photo courtoisie
Mario Dumont au bureau des passeports.

Cette décision est représentative du reste. Les payeurs d’impôts qui exercent un droit en demandant leur passeport sont laissés à eux-mêmes. Les agents de sécurité ont reçu pour mandat de gérer ces troupeaux de dérangeants et d’empêcher les caméras de montrer le désastre en direct. Au diable le service.

Le flou absolu

Personne ne fournit la moindre information aux gens en attente. Les agents de sécurité ne travaillent pas directement pour Service Canada. Donc ils ne connaissent pas les procédures. Et ceux qui détiennent les réponses sont peu accessibles.  

Les centaines de citoyens en attente ne comprennent même pas ce qui se passe. Pas un seul écriteau ne fournit les explications sur les procédures. Pas un seul document n’est remis aux gens qui attendent dans certains cas depuis deux nuits. La détresse est innommable.

Je comprends que les employés s’affairent à traiter des dossiers et à sortir des passeports au plus vite. Ils font même des heures supplémentaires ! Mais les patrons, dans leur rôle, doivent assurer la communication avec le public. Lorsque des centaines de personnes attendent des explications, ils ont le devoir de répondre.

Les patrons dans leur terrier

Les patrons des bureaux de passeports ne veulent pas voir le troupeau qui attend, ils ne veulent surtout pas y être confrontés. En ce sens, ils projettent la même image que leur ministère et que tout le gouvernement fédéral dans cette crise. Assis dans une tour d’ivoire pendant que ça se gâte sur le terrain.

On nous a fait croire pendant un moment que le gouvernement recevait des demandes en quantité démesurées. Dans les faits, le volume actuel est le volume habituel qu’on connaissait avant la pandémie. Et le retour à des chiffres normaux était plus que prévisible avec la reprise des voyages. Il n’y a que le gouvernement fédéral qui n’avait pas vu venir ça.

Ce que j’ai vu durant cette nuit est profondément choquant. Ma voisine a dormi sur l’asphalte sur un tapis de yoga. Son mari avait attendu toute la nuit d’avant, pour rien. Immigrante, elle n’a pas vu son père et sa mère depuis 4 ans. Elle espérait présenter sa demande en avant-midi, pour recevoir son passeport en après-midi, en vue de prendre l’avion en soirée.  

« Un tel chaos, je ne pensais pas ça possible au Canada », a-t-elle conclu...

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