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Sondage Léger: feu jaune pour la CAQ

Trop de députés sur les banquettes de derrière qui attendent, impatiemment, leur heure, persuadés qu’ils sont plus méritants que certains ministres, peuvent devenir un immense problème.
Photo Stevens Leblanc Trop de députés sur les banquettes de derrière qui attendent, impatiemment, leur heure, persuadés qu’ils sont plus méritants que certains ministres, peuvent devenir un immense problème.

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Le sondage Léger publié mercredi dans nos pages est porteur d’un petit avertissement pour la CAQ.

Petit, très petit. Rien pour déclencher l’alarme et distribuer les gilets de sauvetage.

Le gouvernement conserve en effet un robuste 57% de taux de satisfaction. 

  •  Écoutez l'entrevue avec Philippe Léger, chargé de projets chez Léger, au micro d'Alexandre Dubé sur QUB radio :   

Opposition

La CAQ perd tout de même 5 points et recueille maintenant 41% des intentions de vote.

Comme les votes perdus se répartissent sur quatre formations, aucune d’elles n’émerge comme une véritable menace, encore moins considérant que ces autres partis ont des appuis concentrés dans des régions spécifiques.

Est-ce une lassitude postpandémique?

Elle se serait déjà manifestée.

Est-ce le fait d’essuyer sans réagir un camouflet après l’autre d’Ottawa?

Sûrement pas.

Est-ce l’inflation?

Les Québécois savent bien que le gouvernement n’y est pour rien.

La clé de l’affaire est inscrite dans le sondage en chiffres et en lettres d’une parfaite limpidité: 57% des électeurs veulent une opposition plus musclée qu’à l’heure actuelle.

Ils ont bien raison: les gouvernements trop forts deviennent arrogants et n’écoutent plus.

M. Legault ne l’admettra pas publiquement, mais au-delà de la satisfaction d’une victoire d’une ampleur historique, un triomphe trop massif lui causerait des problèmes.

Tous les députés de la majorité, sans exception, veulent être ministres. Ne croyez jamais celui ou celle qui prétend le contraire.

Trop de députés sur les banquettes de derrière qui attendent, impatiemment, leur heure, persuadés qu’ils sont plus méritants que certains ministres, peuvent devenir un immense problème.

Une bataille très incertaine se dessine pour le statut de principal opposant à la CAQ.

Elle met en scène un Parti conservateur qui reste une énigme, QS qui se dit souverainiste, mais dont 61% des sympathisants sont fédéralistes, et un PLQ qui a tenté un repositionnement nationaliste raté, avant de redevenir ultra-fédéraliste pour sauver ses sièges anglophones et allophones.

Notre scène politique n’en est pas à une bizarrerie près.

N’excluons pas non plus que le PQ se redresse quelque peu lorsque nombre de péquistes d’antan réaliseront que la mort de ce parti historique est une réelle possibilité.

François Legault, lui, quand il regarde ses propres troupes, doit se sentir comme Michael Corleone dans Le Parrain III.

Michael tente de changer la vocation de sa famille, mais n’y parvient pas: «Every time I want out, they pull me back in!» dit-il.

- Écoutez Emmanuelle Latraverse au micro de Patrick Déry sur QUB radio :

Rendez-vous

François Legault a fondé la CAQ pour dépasser ce clivage entre fédéralistes et souverainistes qu’il estimait stérile.

Or, 42% de l’électorat caquiste se dit fédéraliste et 43% se dit souverainiste.

Ce grand écart est illustré à merveille par un Bernard Drainville, qui n’avait pas l’air de trop croire à sa nouvelle foi autonomiste quand il l’a proclamée, et une Sonia LeBel, chargée de nos relations avec Ottawa, qui utilise Twitter pour interpeller le gouvernement fédéral et efface ensuite ses tweets quand on l’ignore.

Tôt ou tard, l’heure de vérité sonnera pour une CAQ construite pour le court terme.

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