/misc
Navigation

À quand la fin de la spirale infernale de l'inflation?

Coup d'oeil sur cet article

Ça y est, nous y sommes ! Le point de référence se situe maintenant quelque part en 1983, au sortir des mythiques années de la Grande Inflation ! On se croirait presque dans un remake, version épouvante, de Back to the future.

On n’a pas connu une hausse des prix semblable depuis presque 40 ans. En 1983, une inflation de 7,7 %, comme celle annoncée hier au Canada, représentait plutôt une bonne nouvelle. On descendait alors progressivement d’un sommet de presque 12 %.

L’ennui aujourd’hui, c’est qu’elle monte avec une légère accélération. C’est ce qui fait peur. Jusqu’où ce sera pire avant que ça aille mieux ? Comment maîtriser la bête ? 

L’énergie, mère de tous les maux

Permettez que j’apporte la nuance habituelle, on doit comprendre que l’inflation de « mai » ne traduit pas une hausse des prix par rapport à avril, mais bien à mai 2021. On parle d’une croissance sur 12 mois. Les prix ont progressé de 1,4 % sur un mois, un saut tout de même considérable.

L’augmentation de l’Indice des prix à la consommation (IPC) n’épargne aucune catégorie, mais c’est la hausse des prix de l’essence (+ 48 %) qui fait le plus mal. Le bond du prix de l’énergie de façon générale (+ 34,8 %) se répercute sur les transports (+14 %) et la nourriture (+9,7 %).   

  • Écoutez Olivier Bourque, journaliste économique au micro de Yasmine Abdefadel sur QUB radio :

Vers d’autres hausses de taux

La perspective d’une hausse de trois quarts de point (0,75 %) du taux directeur de la Banque du Canada, le 13 juillet, ne fait plus vraiment de doute. On connaît le principe, cette majoration se répercutera progressivement sur l’ensemble du marché du crédit, qui coûtera plus cher. 

Le remède semble contre-intuitif : alourdir le fardeau financier pour contrer le coût de la vie grandissant. En plus, le moyen paraît dérisoire au vu des phénomènes qui alimentent l’inflation du côté de l’offre : invasion de l’Ukraine par la Russie, perturbation des chaînes d’approvisionnement en Chine et, de plus en plus, dérèglements climatiques. 

Réduire la demande 

En même temps, malgré un coût de la vie nettement plus cher et le pessimisme ambiant à l’égard de l’économie, la demande reste vigoureuse. 

La plus belle illustration, c’est les vacances hors du pays. C’est vrai qu’on est dus, mais il faut être motivé pour voler à l’étranger, avec les prix des transports et de l’hébergement qui explosent, les fastidieux contrôles aux douanes, la cohue sur les lieux touristiques, sans parler des démarches nécessaires pour obtenir un passeport, dignes de Survivor. Ces obstacles ne semblent arrêter personne.

La logique économique n’est pas toujours parfaitement alignée sur nos doléances, tout à fait légitimes, du reste. On voudrait qu’on nous fournisse plus d’oxygène pour pallier les effets de l’inflation, mais pour regagner son pouvoir d’achat, on doit d’abord apprendre à vivre en apnée, le temps que ça passe. 

Les banques centrales, avec le principal outil dont elles disposent (les taux), cherchent à refroidir la demande. De l’autre côté, on réclame des gouvernements qu’ils nous envoient des chèques, qu’ils nous accordent des baisses d’impôt, qu’ils réduisent les taxes (sur l’essence, notamment, ce qui s’est avéré inefficace là où ç’a été tenté).

Je veux bien, moi aussi je trouve la vie chère. Mais ça irait à l’encontre des efforts déployés par les banques centrales.

Ce sera plus opportun de nous donner de l’air quand l’économie tournera au ralenti. Là, elle roule encore à bon régime.

Pour ce qui est des gens qui ont la langue à terre, s’il faut de l’aide maintenant, elle doit rester ciblée. Pour les autres, on doit encore retenir son souffle. 

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.