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Au Québec, on a de quoi être fiers

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Il est bien vu, dans certains milieux, de se moquer de la fierté québécoise. 

La gauche diversitaire nous explique que cette fierté cache bien mal un vilain ethnocentrisme. 

Ces mondains éduqués au mépris de soi sont prêts à admirer toutes les traditions associées aux « minorités », mais jamais celles des Québécois francophones. 

Quant à la droite antinationaliste, qui cultive le même mépris de soi, mais dans un autre langage, elle nous expliquera qu’une société avec autant de dysfonctionnements que la nôtre ne mérite pas d’être fière d’elle-même. 

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Histoire

Elle ajoute : quand le système de santé ira mieux, quand le système d’éducation sera réparé, nous serons fiers. D’ici là, qu’on soit fiers sans nous. 

Ces deux tendances se trompent et oublient l’essentiel. 

La référence à la fierté, au Québec, ne veut pas dire que nous nous prenons pour la meilleure société au monde. Nous savons bien que nous ne sommes pas parfaits. 

La fierté québécoise réfère au fait que plus de quatre siècles après notre arrivée en Amérique, nous sommes toujours là, alors que l’histoire aurait dû nous condamner à la disparition. 

Nous aurions dû disparaître : l’Empire britannique a tout fait pour cela, la fédération canadienne aussi. Pendant longtemps, on a voulu nous noyer démographiquement – c’est encore le cas aujourd’hui, comme on le voit avec le projet démentiel d’Ottawa de faire un Canada de 100 millions d’habitants.

Ou alors, on fait tout pour priver le seul État contrôlé par une majorité de francophones des moyens de défendre son identité.

Pourtant, nous avons résisté, malgré une élite souvent lâche, et même félonne. 

Je pense de temps en temps aux leaders fédéralistes qui se rendent, dans le cadre de leurs fonctions, à la fête de l’indépendance des différents pays qui composent la carte du monde. 

Ils vont à la fête de l’indépendance du Maroc, à la fête de l’indépendance de la Grèce, et à celle de tant et tant de pays. 

Ne leur vient-il jamais à l’esprit que si l’indépendance est bonne pour les autres, elle devrait l’être aussi pour nous ? 

Que diraient les Marocains, les Grecs, ou encore, les Italiens ou les Irlandais, s’ils étaient minoritaires dans un pays où ils ne contrôleraient qu’une partie de leurs pouvoirs ?

Depuis plus de 400 ans, nous tenons. 

Culture

Nous avons consolidé notre existence dans la vallée du Saint-Laurent, dans ce territoire nommé Québec qui est le seul où nous soyons vraiment chez nous. Et rien que cela devrait être assez pour que nous soyons fiers de nous autres.

Le 24 juin de chaque année, nous nous le rappelons, en célébrant le courage de nos ancêtres, en scrutant au loin notre avenir, en nous rappelant qu’il serait bien que notre peuple soit pleinement maître chez lui. 

Je célébrerai demain notre entêtement dans l’existence, notre langue, notre culture, nos chansons, notre résistance, et la promesse, un jour à venir, j’en suis certain, de notre indépendance. 

Vive le Québec.

Libre.

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