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Bonne Saint-Jean quand même!

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Photo d'Archives, Agence QMI

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À la veille des célébrations de la Saint-Jean, je devrais écrire une chronique hyper enthousiaste sur le Québec.

Mais les propos que Louis-Jean Cormier a récemment tenus sur l’omniprésence de l’anglais dans les coulisses des Francos (propos dont Sophie Durocher vous parlait hier dans sa chronique) m’ont sonné. 

Comme si on m’avait frappé avec un bâton de baseball derrière la tête.

LE FRANÇAIS, LANGUE COLONIALE

On est rendu là ?

Même l’un de nos artistes les plus talentueux et les plus appréciés a bu jusqu’à la lie le Kool-Aid du bilinguisme ? On est loin en simonac de l’époque où nos artistes se battaient bec et ongles pour défendre le français...

Aujourd’hui, c’est l’environnement, la diversité, les minorités sexuelles, la diversité, l’ouverture aux autres, la diversité, la lutte au racisme, la diversité, le combat contre le patriarcat.

Et la diversité.  

Le français ?

Bof. Passé date. 

De toute façon, c’est une langue colonialiste, alors...

La langue de la majorité !!!

Et on sait ce que les wokes pensent de la majorité... 

Ils lui montrent leur majeur, à la majorité, tiens. 

Tu as beau leur répéter que sur le territoire nord-américain, le français est une langue minoritaire, ça leur entre par une oreille et ça ressort par l’autre. Mais non, voyons, la langue des minorités, au Québec, c’est l’anglais !

Il faut s’ouvrir, Québécois !

Ouvrez-vous !

Open Up !

J’imagine Paul Piché, Michel Rivard, Michel Tremblay et Biz lorsqu’ils entendent de telles sottises. 

Si même nos artistes abandonnent le combat du français, on fonce droit dans le mur !!!

Nos artistes se rendent-ils compte de ça ?

Ce n’était pas suffisant d’organiser une fête de la Saint-Jean sans drapeau du Québec, en 2020 ?

Il faut maintenant balayer le combat du français sous le tapis ?

DES ARGUMENTS FALLACIEUX

Ça me fait penser à la conversation que j’ai eue, l’autre jour, avec deux « antinationalistes ». 

« Oui, mais moi, mes enfants jouent avec des enfants qui viennent de partout à travers le monde... »

« Oui, mais moi, je trouve que c’est une richesse de parler plusieurs langues... »

Mais qu’est-ce que cela a à voir avec le combat nationaliste ?

Les nationalistes québécois veulent que leurs enfants jouent seulement avec des Québécois de souche, c’est ça ? Et ils ne veulent pas parler d’autres langues que le français ?

Mais quels arguments stupides...

En plein le genre d’arguments fallacieux que les Anglos nous envoient régulièrement à la gueule afin de nous faire passer pour une bande de retardés !!!

Et ces deux personnes, qui font partie de notre élite intellectuelle, m’ont répété ça ? En croyant que ce sont d’excellents arguments contre le nationalisme ?

Ayoye...

Tiens, avant-hier, j’échangeais des courriels avec une figure importante du mouvement souverainiste. 

« Selon moi, notre problème n’est pas tant notre peuple que nos élites intellectuelles, écrivait mon interlocuteur. Les peuples, partout dans le monde, ont toujours été conseillés, éclairés par des élites, parfois bienveillantes, parfois malveillantes, et ça fait toute une différence. 

« Faut-il blâmer le peuple québécois sur la question de notre destin national, ou plutôt ses élites – petites, peureuses et facilement achetables – qui continuent de faillir à leur rôle ? »

Sacrée bonne question !

Bonne Saint-Jean quand même...

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