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Cannabis: le fléau de la waxpen inquiète dans les écoles secondaires

Le phénomène est un enjeu de santé publique, alertent plusieurs experts

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Photo Agence QMI, Joël Lemay Au nom des directions scolaires, la présidente Kathleen Legault s’inquiète de la vague de vapoteuses de cannabis (en mortaise) chez les élèves du secondaire.

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La popularité de la waxpen, un type de vapoteuse au cannabis, dans les écoles du Québec inquiète plusieurs acteurs du milieu qui n’hésitent pas à qualifier le phénomène de « fléau ».

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«C’est un véritable fléau dans les écoles secondaires», lance Kathleen Legault, présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissements scolaires, au sujet de l’appareil électronique qui distille la drogue de façon à en accentuer l’effet. 

À la différence d’un joint ordinaire, la waxpen ne produit aucune odeur et est presque indétectable.

Même si elle n’a pas de chiffres précis sur le nombre de consommateurs de cannabis par cette méthode qui maximise la concentration de THC, le produit actif du cannabis, Mme Legault affirme qu’elle est très courante dans les écoles secondaires de la région montréalaise. Au point où on a vu des cas où les dispositifs étaient branchés au mur parmi les tablettes électroniques et téléphones cellulaires.

À la demande du Journal, elle a tenu une consultation dans son réseau pour savoir l’étendue des dommages causés par cette vapoteuse. La grande majorité des écoles secondaires sont touchées. Le cas le plus grave est celui d’un jeune qui a dû être transporté en ambulance à la suite d’une perte de conscience.

Pas outillés 

Même son de cloche du côté de l’Association québécoise du personnel de direction des écoles, qui regroupe 700 établissements de Longueuil à Rivière-du-Loup. 

«On nous rapporte de plus en plus de cas d’utilisation de la waxpen dans les écoles secondaires», résume son président, Carl Ouellet. 

Selon les deux administrateurs, le système scolaire n’est pas outillé pour faire face à cette vague de produits illégaux rendus accessibles sur le marché noir sur internet. Mme Legault en appelle à une campagne musclée menée conjointement par les ministères de la Santé et des Services sociaux et de l’Éducation du Québec. «C’est un problème de santé publique!» 

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Photo Agence QMI, Joël Lemay

À ce sujet, la Direction de santé publique du Québec affirme qu’il s’agit d’un «enjeu que le [ministère] prend très au sérieux et surveille étroitement» et que «des outils d’information et de sensibilisation» sur le sujet étaient en train d’être développés.

Audrey-Ann Lecours, responsable de la prévention en milieu scolaire à Action Toxicomanie, de Victoriaville, abonde dans le même sens et s’inquiète d’une hausse de cas à l’occasion des fêtes de fin d’année, propices aux nouvelles expériences. 

«En ne faisant rien, on banalise ce produit qui peut causer des pertes de conscience et des hospitalisations. On doit agir maintenant», dit-elle. 

Nouveau et dangereux 

«Ça nous inquiète beaucoup, car les jeunes ne semblent pas conscients des risques de ce produit», lance Anne--Élizabeth Lapointe, directrice du Centre québécois de lutte aux dépendances.

Elle déplore que ce produit qu’on ne peut trouver que sur le marché noir puisse contenir plus de trois fois la dose légale. 

«On a mené des campagnes efficaces pour boucler nos ceintures de sécurité. Pourquoi pas des campagnes pour prévenir l’abus de drogues?» conclut-elle.

Écoutez Le bon plant une série balado sur le cannabis qui sort des sentiers battus, au-delà des idées préconçues.

 Un dispositif illégal       

​La waxpen (wax à cause de la texture du produit qui rappelle la cire et pen pour sa ressemblance avec un stylo) contient jusqu’à 98 % de concentré de cannabis. Aucun produit légal ne compte plus de 30 % de THC.

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Photo Adobe Stock

Au Québec, l’âge minimum pour acheter légalement du cannabis est de 21 ans. En plus de constituer un risque sérieux d’intoxication – qui peut aller jusqu’à la psychose toxique – la waxpen peut abaisser l’âge de la dépendance.

Seule la Société québécoise du cannabis (SQDC) est autorisée à vendre du cannabis et ses dérivés, rappelle Frédéric Giguère, son porte-parole.

«Pour des raisons de protection de la santé, aucun produit de vapotage à base de cannabis n’est en vente légale au Québec», précise-t-il. Tout achat hors SQDC, en ligne ou en personne, constitue un acte illégal.

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