/opinion/faitesladifference
Navigation

Chère langue française

drapeau québec
Photo Adobe Stock

Coup d'oeil sur cet article

Je t’écris aujourd’hui — oui, je me permets de te tutoyer; on commence à bien se connaitre, toi et moi (nous avons étudié ensemble, après tout!) — pour te déclarer mon amour.  

En fait, si je suis entièrement honnête, tu m’embêtes autant que je t’aime. Tu as un charme incontestable, mais tu es parfois insaisissable. Tu me fascines et tu me captives, c’est vrai, mais tu peux être franchement capricieuse. 

Votre opinion
nous intéresse.

Vous avez une opinion à partager ? Un texte entre 300 et 600 mots que vous aimeriez nous soumettre ?

Bon, bon, bon, je t’entends déjà me dire : « ce n’est pas une lettre d’amour, ça!». Eh bien, oui, c’en est une. Ce n’est probablement pas le type de lettre auquel tu t’attendais, mais cette fois c’est moi qui fais les règles. 

D’ailleurs, parlons-en de tes règles. Il faut admettre que tu ne facilites pas la vie de ceux qui apprennent à te connaitre. Tu es parfois difficile à suivre — surtout quand tu décides d’imiter tes cousins en leur empruntant des mots ou des règles de grammaire. Oh là, là, tu ne réalises pas toute la gymnastique que je dois faire pour justifier tes extravagances à mes élèves. Certains jours, tu m’épuises. Franchement. 

Et, pourtant, je t’aime. 

Je t’aime d’un amour qui n’est pas conditionnel. Je t’aime malgré ton caractère imparfait, surtout quand tu te donnes des airs plus-que-parfaits. Tu incarnes mon passé compliqué - je veux dire composé - et tu construis mon futur que je souhaite plus simple. En vérité, tu es un impératif à mon bonheur. 

Tes mots construisent mes pensées et mes passions. Ils façonnent ma vision du monde. Ils apaisent mes douleurs en nommant ce que je ressens. Ils permettent de donner un sens aux choses et aux évènements. Leur force peut soulever des montagnes. 

Tu me fais voyager, tu me permets de rêver. Tu animes ma curiosité. Plus je te découvre, plus je veux te connaitre. Je cherche sans cesse à te comprendre pour t’apprécier à la mesure de tes nuances. 

Même si on te reconnait comme «la langue de Molière», par chez moi, je te trouve franchement charmante quand tu revêts ton manteau de Vigneault ou de Pellerin. Tu es enracinée dans le territoire et dans nos corps. Tes expressions et tes tournures fleurissent notre imaginaire et embellissent notre quotidien. 

Tu fais partie de moi, tu fais partie de nous. 

Je ne peux m’imaginer un monde où tu n’es plus. 

Je n’aurais pas les mots pour le décrire. 

Ma douce, ma très chère langue française, je t’aime. 

À bientôt, 

drapeau québec
Photo courtoisie

Joannie Houle Beaudoin, Enseignante de français, Québec

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.