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Du gala MétroStar à Artis à plus rien?

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Dès qu’elle rallia l’équipe de Télévision Quatre-Saisons et bien avant que TQS entre en ondes, Madeleine Careau s’inquiéta du public.

Comment pouvait-on ne pas prévoir un gala où le public lui-même choisirait ses vedettes préférées ? Un gala comme le People’s Choice Awards de la télé américaine qui récompense depuis 1975 les vedettes de la culture populaire. Madeleine, qui n’a rien à son épreuve comme le prouvent ses deux décennies à la tête de l’Orchestre symphonique de Montréal, réussit à me convaincre que nous pourrions diffuser un premier gala en moins de trois mois. Ce qui fut fait, mais uniquement grâce à l’esprit de décision d’André Grou, éditeur du Journal de Montréal, et de Gaétan Frigon, grand manitou du marketing chez Métro-Richelieu et futur ex-dragon. En quelques heures, ces deux hommes décidèrent de commanditer le gala.

Mon fils Christian eut l’heureuse idée de baptiser MetroStar les trophées et le gala et le dimanche soir 23 novembre 1986, devant le plus gros auditoire de TQS jusque-là, Martine Sinclair et André-Philippe Gagnon furent proclamés les gagnants du gala du public. L’année suivante, Gaétan Frigon, qui n’avait pas digéré qu’on me montre la porte de TQS, déménagea la commandite de Métro à Radio-Canada. En 1989, TVA abandonna son gala Artis, imaginé en catastrophe à l’automne 1986 pour faire de l’ombre au MétroStar, et les deux galas fusionnèrent. Radio-Canada demeura diffuseur, mais le trophée créé par Métro disparut au profit de la statuette Artis de TVA. En 2006, Metro retira sa commandite, TVA devint le diffuseur du gala du public, qui reprit le nom d’Artis.

L’AÎNÉ DES GALAS TÉLÉVISÉS

C’est donc le plus ancien de nos galas télévisés que vient de débrancher TVA, celui des Gémeaux ayant été créé l’année d’après. S’il est vrai que l’intérêt des téléspectateurs pour les galas a diminué, il n’en reste pas moins qu’avec ses 1 176 000 téléspectateurs, le gala Artis fut, en 2021, le plus suivi de tous. Je ne fais pas partie de ceux qui croient à la mort prochaine des galas, même si un gala aussi moche que le dernier de Québec Cinéma leur porte un dur coup.

Nos galas télévisés ont beaucoup souffert de la guerre sans merci que se sont livrée TVA et Radio-Canada. Même aux États-Unis, où la concurrence est féroce, les réseaux ont toujours observé une certaine trêve lors des divers galas du cinéma, de la télévision ou celui du public. Le prochain People’s Choice Awards aura lieu le 13 novembre au Microsoft Theatre de Los Angeles. Il devrait être diffusé par E! Online et CBS.

RIEN N’EST ÉTERNEL

Chez nous, les luttes intestines au sein des associations et la rivalité entre les réseaux ont miné la crédibilité des jurys et des sondages. Le sort mesquin réservé à certains animateurs a laissé un goût amer et découragé les meilleurs. La longueur des galas, leur manque de diversité, la teneur des sondages ramenant trop souvent les mêmes gagnants ont sûrement contribué à lasser le public, mais les plus grands responsables de son désintérêt momentané sont les ersatz de gala présentés durant la pandémie, sans compter les contraintes qu’impose l’extrême rectitude politique qui s’est installée en Amérique en même temps que la COVID. 

Mais rien de tout cela n’est éternel. Si j’étais TVA, je rangerais avec soin le moule à Artis dans les boules à mites. Il se pourrait qu’on doive faire couler nombre de nouveaux trophées dans un avenir plus ou moins rapproché.

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