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Le savoir-faire de Stradigi AI risque de quitter le Québec

Deux entreprises étrangères en passe de s’emparer à peu de frais de la société

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Les difficultés de Stradigi AI font en sorte que la propriété intellectuelle développée par l’entreprise montréalaise, avec des fonds publics en bonne partie, risque de quitter le Québec.

« Ce qui est triste, c’est que quelqu’un d’autre va prendre les actifs, qui valent des millions de dollars, pour à peine un million $ », a déploré hier au Journal une source bien au fait du dossier, sous le couvert de l’anonymat.

Malgré d’intenses efforts, l’entreprise générait encore des « revenus minimes », a ajouté cette personne.

À court de fonds

Stradigi AI a licencié lundi la quasi-totalité de ses salariés, soit 50 personnes. L’entreprise spécialisée en intelligence artificielle n’avait tout simplement plus les fonds nécessaires pour poursuivre ses activités.

Investissement Québec (IQ) et le Fonds de solidarité FTQ ont investi 13,2 millions $ chacun dans Stradigi dans le cadre d’une ronde de financement de 53 millions $ bouclée en 2019. 

Se disant insatisfaits du travail de la direction de Stadigi AI, IQ, le Fonds FTQ et d’autres actionnaires ont refusé de réinvestir des fonds dans l’entreprise, ont indiqué trois sources au Journal.

Selon nos informations, Stradigi a reçu un prêt de 1 million $ de deux firmes étrangères il y a quelques mois – l’une domiciliée aux Bahamas et l’autre en Floride. Le prêt est garanti par les actifs de l’entreprise, soit principalement sa propriété intellectuelle.

La semaine dernière, les deux prêteurs ont offert de racheter Stradigi AI en promettant d’y réinjecter 4 millions $, ce qui aurait permis de maintenir son siège social et des emplois au Québec. 

Ils ont ensuite retiré leur offre en raison de la mésentente qui régnait parmi les actionnaires de l’entreprise.

Parmi les autres actionnaires de Stradigi, on compte notamment les cofondateurs de l’entreprise, Basil Bouraropoulos et Curtis Gavura, ainsi que Brendan Holt Dunn, descendant du défunt magnat montréalais Herbert Samuel Holt.

À moins d’un revirement, tout indique que Stradigi AI devra se placer à l’abri de ses créanciers et subir une restructuration judiciaire. 

Des créanciers gagnants

Dans de telles procédures, ce sont généralement les créanciers garantis qui ont les meilleures chances de mettre la main sur l’entreprise insolvable.

M. Bouraropoulos, qui est PDG de Stradigi, a refusé hier la demande d’entrevue du Journal.

« Basil travaille très fort pour sauver l’entreprise », a assuré son porte-parole, Yanik Deschênes. 

– Avec Francis Halin

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