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Il s'en prend à une amie soûle: pas de casier judiciaire pour un ingénieur agresseur sexuel

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Photo tirée de la page Facebook de Simon Houle L’ingénieur Simon Houle a réussi à convaincre un juge qu’il ne méritait pas de casier judiciaire pour avoir commis une agression sexuelle sur une femme.

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Un organisme d’aide aux victimes déplore que le tribunal ait accordé l’absolution à un ingénieur qui a agressé sexuellement une femme en état d’ébriété sous prétexte de ne pas nuire à sa carrière.

Simon Houle, qui avait également photographié les parties intimes de sa victime, s’en sort ainsi sans casier judiciaire malgré la gravité de ses gestes.

«C’est un jugement qui semble aller à l’inverse de la tendance actuelle [d’imposer des sentences sévères]», affirme Karine Gagnon, coordonnatrice du réseau des Centres d’aide aux victimes d’actes criminels à propos de la récente absolution obtenue par l’ingénieur au palais de justice de Trois-Rivières.

Car si la victime de Houle a vécu de graves conséquences, Houle s’en est tiré avec une tape sur les doigts pour son crime commis en avril 2019, alors qu’il était étudiant en génie mécanique. Lors d’une fête arrosée, il a agressé sexuellement son amie intoxiquée, tout en la photographiant.

«Neuf photos sont récupérées dans [la corbeille du] cellulaire de l’accusé», explique le juge.

La victime a subi plusieurs conséquences psychologiques dévastatrices, qui ont même mené à une hospitalisation. Cela a affecté son parcours scolaire, sans compter qu'elle a dû arrêter de travailler pendant cinq mois, lui causant des difficultés financières.

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Et pendant ce temps...

Houle, de son côté, est resté en liberté pendant le processus judiciaire, ce qui lui a permis de terminer ses études et de se trouver un emploi. Il a finalement plaidé coupable d’agression sexuelle et de voyeurisme en novembre dernier.

Or, si la Couronne réclamait 18 mois d’incarcération, Houle souhaitait plutôt une absolution, disant «regretter énormément ses gestes». Il s’était dit honteux au point d’avoir caché les accusations à sa famille, mais qu’il s’était depuis repris en main en effectuant une thérapie.

Lors de celle-ci, il avait d’ailleurs confié avoir déjà commis un geste semblable dans le passé, ce qui a été vu par le juge Matthieu Poliquin comme un exemple de «transparence».

«Il est habituellement une personne qui aide et supporte les autres, et non une personne qui les agresse. Son arrestation, sa mise en accusation et le délai de plus de deux ans à penser aux conséquences [...] sont suffisamment dissuasifs», a commenté le magistrat.

Rappelant que l’agression s’était déroulée «somme toute rapidement»; le juge a ajouté que Houle était aussi intoxiqué et que cela «peut permettre d’expliquer un comportement».

Mais surtout, un casier judiciaire aurait mis en péril la carrière d’ingénieur de Houle, a insisté le magistrat.

«Il pourrait difficilement voyager à l’extérieur du pays», a-t-il noté en ordonnant l’absolution, conditionnelle à une probation de trois ans et d’un don de 6000$ à un organisme d’aide aux victimes.

L’avocat de Houle n’a pas souhaité commenter le dossier, qui devrait être porté en appel par la Couronne.

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