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Violence conjugale: mieux accompagner les hommes violents

Un suivi est offert après une arrestation en Montérégie

Entraide pour hommes
Photo Erika Aubin Audrey Lincourt fait les suivis auprès des auteurs de violence conjugale.

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Une intervenante sociale a joint ses forces à celles de la police de Richelieu–Saint-Laurent et accompagnera les hommes arrêtés pour violence conjugale dans le but de prévenir les récidives et les actes fatidiques, un projet unique au Québec.

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«J’ai été marquée par la vague de féminicides [en 2021]. La plupart du temps, les voisins connaissaient l’homme, il y avait déjà eu une arrestation ou des conditions comme un interdit de contact. À lui seul, le judiciaire n’endigue pas le phénomène», constate Geneviève Landry, directrice de l’Entraide pour hommes. 

Elle est derrière ce projet-pilote aux côtés du capitaine Francis Lepage à la Régie intermunicipale de police Richelieu–Saint-Laurent.

La directrice Geneviève Landry et le capitaine Francis Lepage
Photo Erika Aubin
La directrice Geneviève Landry et le capitaine Francis Lepage

En mai dernier, l’intervenante Audrey Lincourt a ainsi intégré les bureaux du corps policier de la Montérégie. Chaque matin, elle fouille les rapports sur les interventions en violence conjugale faites dans les derniers jours sur le territoire. 

De 24 à 48 heures après une arrestation, elle passe un coup de fil aux hommes pour assurer un suivi psychosocial. À sa grande surprise, plus de la moitié acceptent son aide, fait savoir l’intervenante de proximité.

«Au début, je pensais me faire envoyer promener souvent, mais pas du tout. Je suis comme une porte d’entrée pour qu’ils puissent s’expliquer, donner leur version des faits», explique Mme Lincourt.

Son rôle est ensuite d’orienter ceux qui veulent se prendre en main au bon organisme, selon leur problématique. 

Pour le capitaine Lepage, responsable du volet sociocommunautaire, le projet est parti d’un simple constat: «Lors d’une intervention policière, on s’occupe beaucoup des victimes, on les guide vers des ressources, mais on oubliait un peu l’homme», dit-il lors d’une entrevue avec Le Journal dans les bureaux du service. 

​«Lors d’une intervention, les policiers avaient beau lui demander s’il voulait être rejoint par un intervenant, on se faisait dire: “Je n’ai pas besoin de ça”. Sur le coup, ce n’est pas le bon moment pour demander ça, ils sont encore en état de choc d’avoir été arrêtés», poursuit-il.

Trop de récidives 

En 2021, les agents de la police de Richelieu-Saint-Laurent sont intervenus dans pas moins de 670 situations de violence conjugale, soit presque deux par jour. Et il n’est pas rare que les policiers revoient les mêmes hommes, souligne le capitaine Francis Lepage. 

«Il faut responsabiliser [les auteurs de violence] et installer un filet de sécurité. Cela permet de désamorcer des problèmes en amont. Et notre but ultime est de réduire significativement le nombre de récidives», explique Geneviève Landry.

Elle espère maintenant que le projet novateur fasse des petits dans d’autres services de la province.

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