/qubradio
Navigation

Absolution de l’ingénieur : des commentaires qui dépassent les bornes

Facebook
Photo tirée de la page Facebook de Simon Houle

Coup d'oeil sur cet article

La décision du juge Matthieu Poliquin qui a donné une absolution conditionnelle à l’ingénieur Simon Houle, dans une affaire d’agression sexuelle, continuait toujours de susciter de vives réactions vendredi, malgré une sortie publique de l’Association québécoise des avocats.es de la défense (AQAAD) sur le sujet deux jours plus tôt. 

• À lire aussi: Absolution après une agression sexuelle: manifestation contre le jugement Poliquin

• À lire aussi: Absolution après une agression sexuelle: Simon Jolin-Barrette est «profondément choqué»

• À lire aussi: Absolution après une agression sexuelle: l’ingénieur perd son emploi

«On m’a souhaité de subir moi-même un viol pour comprendre de quoi je parle», a raconté la présidente de l’Association des avocats de la défense, Me Marie-Pier Boulet, vendredi sur les ondes de QUB Radio.

«Personne ne mérite ça! Ça dépasse l’entendement», a-t-elle affirmé.

Rappelons que devant la déferlante de commentaires haineux à l’endroit du juge Matthieu Poliquin, l’Association a dénoncé mercredi «l'esprit de vengeance» qui motivait plusieurs réactions «les plus extrêmes».

«Comparer le juge à un agresseur, on ne peut pas accepter ça», a dit Me Boulet.

Elle ajoute qu’elle comprend une partie des réactions et des questionnements que cette décision a soulevés.

L’ingénieur Simon Houle accusé d’agression sexuelle et de voyeurisme a bénéficié d’une absolution conditionnelle de la part du juge Poliquin, le 21 juin dernier.

L’importance de l’indépendance judiciaire

«La situation actuelle va assurément teinter les prises de décisions à venir dans ce genre de dossier», a déploré Me Boulet d’un ton ferme au micro de Marc-André Leclerc.

Cette dernière a tenu à rappeler qu’un juge dans une société démocratique doit se sentir libre de rendre ses décisions, et ce, sans craintes pour son intégrité physique ou sa sécurité.

«Si dans un seul cas le juge recule à cause de cette peur publique là, c’est un échec parce qu’on s’attaque à l’indépendance judiciaire», a-t-elle expliqué.

Elle est aussi revenue sur l’élément le plus controversé dans le jugement: la durée de l’agression.

Le juge a écrit que l’agression «s'est déroulée somme toute rapidement».

«Je veux mentionner que la durée de l’agression déclarée par le juge fait partie de la trame factuelle. Un juge qui traite d’un dossier va rapporter ce qui en est. Aussi, la cour d’appel, depuis 1998 au moins, mentionne que c’est un des éléments dont le juge doit tenir compte dans l'octroi de la peine», a expliqué la présidente de l’AQAAD.

Quelle image pour notre système de justice?

«Il y a une réflexion évidente là-dessus qui peut être entreprise par le message qui est envoyé par le tribunal. Ça, c’est l’arène politique et non le rôle du juge.»

Me Marie-Pier Boulet a précisé que c’est à la cour d’appel de juger de tout ça.

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) portera en appel la décision du juge Matthieu Poliquin.

«On a totalement le droit de ne pas être d’accord avec le jugement, c’est un débat sain dans une société. Je ne dis pas non plus qu’un juge doit être exempt de toutes critiques, mais il doit être exempt de toutes atteintes violentes», a ajouté Mme Boulet.

Le ministre de la Justice Simon Jolin Barrette s’est d’ailleurs dit «profondément choqué» par la décision.

Une manifestation en réaction à cette affaire se tiendra aujourd’hui, 8 juillet à 11h30 devant le palais de justice de Trois-Rivières.

Visitez qub.radio pour ne rien manquer de notre programmation quotidienne et de nos baladodiffusions
Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.