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Affaire Simon Houle: le juge Poliquin s’est basé sur «des stéréotypes»

L’absolution de Simon Houle pour une agression sexuelle est portée en appel

COURTOISIE
Photo d’archives La décision du juge Matthieu Poliquin d’accorder une absolution conditionnelle à l’ingénieur Simon Houle a été portée en appel vendredi par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

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La poursuite avait annoncé ses couleurs, mais vendredi elle a officiellement porté en appel la décision du juge Matthieu Poliquin d’offrir une absolution à l’agresseur sexuel Simon Houle. 

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«Le commentaire du juge, que l’événement s’est déroulé “somme toute rapidement”, laisse à penser que le juge hiérarchise la gravité subjective du crime et son impact sur la victime en fonction de la durée de l’événement», a soutenu Me Ève-Lyne Goulet, procureure au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Le mois dernier, le juge Poliquin a ordonné l’absolution pour l’ingénieur Simon Houle, conditionnelle à une probation de trois ans et à un don de 6000 $ à un organisme d’aide aux victimes. La décision a suscité un tollé dans la population.

L’accusé de 30 ans avait reconnu avoir agressé sexuellement une amie qui était en état d’ébriété et endormie, en plus d’avoir photographié ses parties intimes. 

Simon Houle
Photo d'archives
Simon Houle

Qualifiant l’ingénieur de «personne de bonne moralité», le juge avait pris en compte qu’une «condamnation aurait à son égard des conséquences particulièrement négatives», alors qu’il ne pourrait voyager et que ça aurait un impact sur sa carrière. 

Conséquences importantes

Il avait donc conclu qu’une absolution conditionnelle «ne nuirait pas à l’intérêt public», et ce, même si la victime a dû être hospitalisée en raison d’idées sombres, en plus d’avoir été en arrêt de travail cinq mois. 

Le DPCP avait annoncé son intention de porter en appel cette décision. La requête a été déposée vendredi. Estimant que la peine est «manifestement déraisonnable», on réclame que la Cour d’appel impose une peine totale de 18 mois d’emprisonnement à Houle pour les accusations d’agression sexuelle et de voyeurisme.

Plusieurs erreurs de droit ont été relevées, peut-on lire dans le document, où l’on souligne que le juge insiste «indûment sur la réhabilitation et le profil» de l’accusé.

«Des stéréotypes»

«Les erreurs commises par le premier juge – en outre en se fondant sur des mythes ou des stéréotypes, et en omettant de considérer correctement certains facteurs – ont eu un impact direct sur sa décision d’accorder l’absolution conditionnelle», affirme Ève-Lyne Goulet, dans la demande d’appel. 

Le DPCP déplore également que «le commentaire du juge, selon lequel l’état d’ébriété de l’intimé [Simon Houle], malgré qu’il ne constitue ni une défense ni une justification, peut permettre d’expliquer son comportement, tend à excuser ou à déresponsabiliser l’intime». 


►Parallèlement au processus d’appel, le Conseil de la magistrature va examiner de nombreuses plaintes contre le juge Poliquin et aura à déterminer si une enquête devra être tenue pour manque à son code de déontologie.

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