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Nouveau roman d'Olivier Bleys: huis clos sur une base du pôle Sud

Olivier Bleys
Photo courtoisie, Francesca Montovani

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Grand voyageur et explorateur émérite, l’écrivain français Olivier Bleys propose un huis clos extrêmement original, addictif à souhait, avec son nouveau roman, Antarctique. Ses lecteurs sont invités à remonter dans le temps jusqu’en janvier 1961 pour suivre le quotidien de cinq hommes qui vivent sur la base soviétique de Daleko. Cette station du bout du monde se trouve à ce point précis de l’Antarctique que les géographes nomment pôle d’inaccessibilité. Et il s’y passe un meurtre.

Les cinq Soviétiques installés à Daleko ont une mission bien précise. Ils sont chargés par le Parti d’affirmer la présence russe dans cette région pourtant inhabitable.

Un matin, le chef, Anton, découvre le corps ensanglanté de Nikolaï. Leur partie d’échecs a mal tourné et Vadim vient de lui asséner un coup de hache mortel.

Comment rendre la justice en petit comité dans ce désert polaire qui n’a pas de police ni de prison ? Anton décide d’écrire un rapport détaillé sur les faits. Vadim, lui, est placé en isolement dans le cellier.

L’affaire, déjà complexe, le devient encore plus lorsque la radio tombe en panne et que l’équipe n’a plus de nouvelles du monde civilisé. L’angoisse monte et Vadim, le meurtrier, trouve le moyen de s’échapper. 

Olivier Bleys, un écrivain talentueux, est aussi un aventurier persévérant. Son tour du monde à pied, par étapes, a été mis sur pause en raison de la guerre en Ukraine. La dernière portion de ce projet ayant débuté en France s’est arrêtée à Moscou, en juillet 2019. 

«Ce tour du monde à pied inachevé est devenu une transeuropéenne achevée. Je ne pense pas qu’on puisse aller plus loin dans le contexte géopolitique actuel», dit-il, en entrevue.

Une base soviétique

Pour Antarctique, il nous fait voyager, une fois de plus. 

«Cette histoire est partie d’un fait divers authentique qui est survenu sur une base russe dans les années 70, donc un peu plus tard que dans mon roman. Il y a différentes versions, et celle que j’ai exploitée est celle d’une partie d’échecs qui a mal tourné.»

«La question s’est réellement posée : qu’est-ce qu’on peut faire de la victime et qu’est-ce qu’on peut faire du meurtrier lorsqu’on est au milieu de nulle part sur des bases qui sont ravitaillées, au mieux, une fois par an? Où il n’y a aucune représentation locale de la justice, de la police? Comment ça se passe? En réalité, le prisonnier, parce que c’était une base un peu mieux équipée que celle que je décris, et qui était sur le littoral, a été enfermé dans l’église orthodoxe pendant six mois, le temps que la police continentale russe puisse en prendre livraison.»

Olivier Bleys, lui, a plutôt imaginé que le prisonnier était sur une base beaucoup plus difficile d’accès, loin des côtes. 

«Cette base que je décris a réellement existé. Elle affronte des conditions climatiques tellement rudes qu’elle n’a existé que douze jours.» 

«Les Soviétiques de l’époque, pendant 12 jours, ont construit ce poste avancé et réalisé des expériences scientifiques. Les vestiges existent toujours et la photographie qui figure sur le bandeau du livre, qui représente un buste de Lénine au milieu des glaces, c’est réellement l’objet qui couronne le sommet de cette base, aujourd’hui encore.»

  • Olivier Bleys est l’auteur de plus de 35 livres.
  • Ses romans, essais et récits de voyage sont traduits dans une dizaine de langues.
  • Aux Éditions Gallimard, il a notamment publié Pastel, Le fantôme de la tour Eiffel, Semper Augustus et Haut vol.
  • Marcheur au long cours, il est membre de la Société des explorateurs français.

EXTRAIT

Olivier Bleys
Photo courtoisie

« Depuis trois ans qu’ils vivaient sur la base, Nikolaï et Vadim n’avaient pas sympathisé. Leur intérêt commun pour la mécanique faisait qu’ils échangeaient des outils, qu’ils bricolaient ensemble si un seul homme ne pouvait s’acquitter du travail. Ça s’arrêtait là. Vadim savait que son collègue avait une sœur, une fille et une épouse à Krosnodar, trois enfants d’une précédente union, une datcha bâtie de ses mains au bord de la rivière Kouban ; toute une vie loin du pôle – Vadim lui n’avait rien, et personne ne l’aurait regretté s’il avait été mort. »

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