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Visite papale: soulagement et méfiance

Visite papale: soulagement et méfiance
AFP

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Le pape François a donc exprimé les excuses tant attendues par les communautés autochtones du pays. Dans son discours, hier, il n’a pas cherché à justifier, excuser ou nuancer les gestes posés par des représentants de l’Église catholique auprès des communautés autochtones.

Ces excuses ont été accueillies de manière partagée de la part des principaux intéressés. D’un côté, les communautés autochtones sont soulagées qu’une reconnaissance formelle des torts qui leur ont été causés ait été exprimée, et d’un autre côté ils restent sur leur faim parce qu’au-delà des mots, la douleur est encore vive.

Et je les comprends. Je les comprends de vouloir plus et mieux en matière de réparation que de plates excuses. Je les comprends de réclamer que les archives de l’Église catholique soient ouvertes pour que toute la lumière puisse être faite. Je les comprends de craindre que l’on se cache derrière ces excuses pour ne plus rien faire d’autre.

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J’ai l’impression que l’accueil mitigé devant ces excuses s’explique d’ailleurs autrement: les peuples autochtones semblent dissocier le pape François de l’institution qu’il représente.

Je m’explique: aucun autre pape n’est allé aussi loin dans la reconnaissance des torts causés. Le voyage qu’il a tenu mordicus à faire, malgré son état de santé chancelant, témoigne de l’importance qu’il accorde personnellement à cet enjeu.

En ce qui concerne l’institution qu’est l’Église catholique, la méfiance est réelle. Elle a été d’une telle fermeture, d’une telle dureté et d’un tel entêtement que la confiance n’y est plus. Un autre pape aurait-il fait autant d’efforts? On ne le saura jamais.

Il est donc difficile de concilier les sentiments, les paroles et les excuses du pape François avec ceux de l’Église catholique, bien qu’il en soit le dirigeant.

On sait que l’Église catholique perdura au-delà du passage du pape actuel à sa tête, et cela explique peut-être la prudence dans la réaction des peuples autochtones. Les excuses sont un bon début, mais des actions concrètes devront suivre, des actions devront être menées et poussées par l’ensemble de l’institution religieuse.

Le chemin vers la réconciliation est long et ardu. Chaque étape ouvre un nouveau chapitre de douleurs. Mais ce chemin est nécessaire et toutes les parties prenantes devront y mettre les efforts nécessaires.

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