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Quels seront les impacts d’une baisse du prix de l’immobilier

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L’avez-vous remarqué? Aux nouvelles, quand il est question d’économie sous un angle large, c’est que ça va mal. Et si ça va bien, on ne manquera pas de souligner que c’est un mauvais présage. Ça ne peut que mal tourner. 

Bref, pas moyen d’avoir l’esprit tranquille. 

Prenez l’immobilier. L’année dernière, on faisait grand cas des surenchères, du prix ridicule des maisons, de l’inaccessibilité.

Qu’ai-je vu récemment un peu partout? «Une correction historique attend l’immobilier canadien». Avouez que ça fait peur.

La Banque RBC anticipe une correction de 20 % au pays au cours de la prochaine année. 

BMO Marchés des capitaux a averti que ce pourrait être pire. 

Ces scénarios sont plus alarmants que celui présenté par Desjardins au printemps. La coopérative financière prévoyait une diminution de 12 % des prix de l’immobilier au Québec d’ici la fin de 2023.

Les analyses de la RBC et de la BMO incluent Toronto et Vancouver, où les chutes pourraient être assez sévères.

Qu’est-ce que ça veut dire pour les propriétaires immobiliers et pour ceux qui aspirent à le devenir? 

Pas vraiment une baisse

Mettons les choses en perspective. 

Selon le baromètre de l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ), le prix médian des maisons unifamiliales s’élevait à 265 400 $ au deuxième trimestre de 2019 au Québec. Trois ans plus tard, il atteignait 448 600 $. Ça représente une augmentation de 69 %. 

Imaginons maintenant que la valeur de l’immobilier fonde de 20 % d’ici un an. Le prix médian des unifamiliales baisserait alors à 359 000 $, une chute de près de 90 00 $.

Même après cette correction dite «historique», l’immobilier sera encore 35 % plus cher que ce qu’il était au deuxième trimestre de 2019. 

Pour la vaste majorité des propriétaires, ça ne changera rien. Ils seront juste un peu moins riches sur papier qu’ils ne l’ont été brièvement.

Qui est à risque?

«Oui, mais celui qui a acheté au sommet, ne se retrouvera-t-il pas dans le trouble?» demanderez-vous.

On pense à tous ceux qui ont acquis une première propriété au printemps dernier. Au deuxième trimestre de 2022 (avril à juin), le prix médian des maisons unifamiliales était 20 % supérieur à celui enregistré à la même période de l’année précédente. En copropriété, on a assisté à un bond de 14 %. 

Tant que ces nouveaux propriétaires sont en mesure de rembourser leur hypothèque, la situation ne pose pas problème, la vie continue. Sur le plan psychologique, ce n’est pas pour autant agréable. La perspective de voir s’évaporer en quelques mois l’équivalent de sa mise de fonds (accumulée durant des années) joue certainement sur les nerfs, d’autant plus que l’hypothèque, elle, ne diminue pas. 

Ce n’est pas le refroidissement du marché qui pose pour eux le risque le plus sérieux, mais la hausse accélérée des taux d’intérêt, ce qui affecte directement le portefeuille.

Et que dire de ceux qui, à l’achat, ont versé la mise de fonds minimale de 5 %? Eh bien, ils pourraient se retrouver dans cette position fort inconfortable où la valeur de leur propriété sera moins élevée que leur hypothèque.

Encore là, aussi longtemps qu’ils honoreront leurs engagements envers leur prêteur, il ne se passera rien. Ils n’ont pas à craindre de pressions de la banque. 

La situation n’est pas moins à risque. Dans un scénario où il faudrait se départir en vitesse de sa propriété (à la suite d’une séparation, par exemple), des pertes financières sont à prévoir. Dans le pire des cas, les propriétaires pourraient devoir abandonner leur maison au créancier. Si le fruit de la revente ne couvre pas la totalité du prêt, ce sera à l’assurance hypothécaire d’essuyer la facture.

Patience, premiers acheteurs 

Pour les aspirants acheteurs, le contexte n’est pas près de s’améliorer. Au contraire, la hausse des taux d’intérêt a réduit considérablement l’accès au marché immobilier.

Les prix doivent descendre pour compenser les coûts plus élevés de financement. Selon Hélène Bégin, économiste chez Desjardins, cette fenêtre ne se présentera pas avant la fin de l’année 2023, dans le meilleur des cas. 

Une fois rendu au creux, on pourra espérer un marché un peu plus abordable, du moins pour la peine. Qui sait, ça coïncidera peut-être avec une réduction des taux d’intérêt.  

Avant de voir un alignement des planètes favorable, les aspirants acheteurs pourraient devoir attendre encore deux ans.

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