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La sécurité des signaleurs est mise à rude épreuve

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Les automobilistes font encore trop souvent preuve d’un manque de vigilance aux abords des chantiers routiers, une situation que déplorent de nombreux signaleurs qui souhaitent véhiculer un message de sensibilisation. 

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Josée Trudel est signaleuse routière depuis trois ans. Le comportement des automobilistes met régulièrement sa sécurité et celle de ses collègues à rude épreuve.

«Il y a en a vraiment qui nous fonce dessus et ça arrive souvent. Parfois on est obligé d’appeler la police», a-t-elle admis.

En plus de faire preuve d’un non-respect de la signalisation, certains tentent de contourner les cônes, d’autres entrent sur des routes barrées et rares sont ceux qui diminuent leur limite de vitesse.

«Il y a des pancartes qui disent de baisser la vitesse, mais il n’y a pas grand monde qui respecte ça», a reconnu Priscilla Rathé, également signaleuse pour la compagnie de signalisation Interligne.

Plusieurs signaleurs sont témoins ou même victimes d’accidents de travail en raison d’un manque d’attention de la part des usagers de la route.

«Les textos, ça on en voit encore beaucoup, malheureusement», a déploré Mme Trudel.

«Il y a toujours des hurluberlus qui essaient de nous contourner en disant qu’ils ne nous ont pas vus», a ajouté son collègue, Jean-François Yvon Doré.

«Mais il y a un kilomètre de pancartes orange et nous on est habillés en jaune fluo», a précisé Mme Rathé.

Rage au volant

Les signaleurs sur le chantier reçoivent des insultes de la part d’automobilistes impatients pratiquement chaque jour. Certains vont même jusqu’à perdre leur sang-froid et font preuve d’agressivité.

«C’est arrivé deux fois que deux gars voulaient me battre juste parce que je leur bloquais le chemin quelques minutes et il y a une femme qui m’a menacée de me piller dessus avec son char», a raconté Priscilla Rathé.

Elle a ajouté que certains s’en permettent davantage pour ses collègues masculins.

«Trente secondes et ça dit que ça fait une heure que ça attend. Ça envoie chier, ça fait des ''fingers’’, la pluie d’insultes ... on goûte à tout», a constaté avec regret M. Doré.

«Et il y en a qui sont respectueux, ce n’est pas tout le monde, mais il y en a encore beaucoup malheureusement», a ajouté Mme Trudel.

Plusieurs automobilistes rencontrés mercredi matin par TVA Nouvelles le constatent couramment.

«Ça ne se respecte pas, ça passe à côté des signaleurs. Ils ne font vraiment pas attention», a admis une dame.

«On circule ici pratiquement tous les jours et on en voit tous les jours», dit une autre.

Sachez que si vous faites preuve de conduite dangereuse, de non-respect de la signalisation ou d’excès de vitesse, les signaleurs peuvent prendre en note votre plaque d’immatriculation et vous pourriez recevoir un constat d’infraction.

Dans des cas plus graves comme de la rage au volant, des accusations pourraient aussi être portées contre vous et mener à un procès. 

Confusion

Quant aux règlements à respecter, il y a encore de la confusion pour certains, qui ne comprennent pas toujours les signalements. Lorsqu’un signaleur tient son drapeau à bout de bras, il faut s’arrêter et non tenter de le contourner.

«Certains pensent qu’ils peuvent le contourner, mais c’est vraiment important d’arrêter. Ce drapeau se retrouve aussi sur nos barrières de signaleurs», a expliqué Mme Rathé.

Et lorsque c’est un camion-barrière qui indique la signalisation, il est important de savoir que la lumière rouge demande évidemment aux gens d’immobiliser leur véhicule. Cependant, pour repartir, la lumière ne sera pas verte. C’est lorsqu’elle est jaune et qu’elle clignote que les conducteurs sont autorisés à poursuivre leur chemin.

«Il y en a qui vont passer à 100 km/h à côté de nous», a mentionné Mme Trudel, qui explique que les signaleurs se réfugient dans ce camion lorsque la limite de vitesse est élevée pour préserver leur sécurité tout en poursuivant leur travail.

«Ça sert justement à protéger les signaleurs de la haute vitesse sur le bord du chemin», a-t-elle poursuivi.

Les signaleurs souhaitent donc lancer un message de sensibilisation pour que les conducteurs comprennent leur réalité et redoublent de vigilance aux abords des chantiers.

«J’ai l’impression que certaines personnes pensent qu’on fait ça pour les écœurer, mais ce n’est vraiment pas le cas. Moi je suis vraiment là pour la sécurité des travailleurs et des automobilistes. Même si elle ne voit pas ce qui se passe sur le chantier, si je lui fais signe d’arrêter, c’est parce qu’il y a un danger pour elle ou pour les autres», a indiqué Priscilla Rathé.

«Le risque vient en diminuant avec la sensibilisation qu’on est en train de faire en ce moment», a conclu son collègue, Jean-François Yvon.

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