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Une première formation pour assurer la sauvegarde du métier de meunier

Une première formation pour assurer la sauvegarde du métier de meunier
PHOTO COURTOISIE / Conseil québécois du patrimoine vivant 

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Pour la première fois au Québec, une formation sur le métier de meunier traditionnel sera mise en place. 

L'objectif de ce projet qui commencera l’hiver prochain est d'assurer la sauvegarde de ce métier qui se transmet depuis des centaines d'années de maître à apprenti.

Si la formation attire une douzaine de candidats, l'objectif du Conseil québécois du patrimoine vivant (CQPV), instigateur de l’initiative, sera atteint.

«Si on ne fait rien, cette pratique va s'éteindre, explique Christine Bricault, responsable de la formation au CQPV. Il y a carrément un risque de disparition du métier. Les petits garçons rêvent d'être pompiers, mais il faut qu'ils sachent que le métier de meunier traditionnel existe.»

Seulement une dizaine de moulins à farine traditionnels activés par l'eau ou le vent, certains étant convertis à l'électricité, sont encore en fonction au Québec.

Une première formation pour assurer la sauvegarde du métier de meunier
PHOTO COURTOISIE / Conseil québécois du patrimoine vivant 

«Certains de ces meuniers partent à la retraite sans avoir de relève. Il va falloir trouver des gens pour les remplacer. D'autres moulins existants pourraient aussi être restaurés et remis en fonction», explique Mme Bricault.

La formation de 850 heures sera donnée en partie en ligne et sera complétée par un volet pratique dans les moulins. La fabrication de farine sur meule de pierre et sa mise en marché, mais également des notions historiques et de médiation culturelle seront au programme.

«Tout le milieu de la meunerie est derrière cette formation», assure Christine Bricault.

En juin dernier, la pratique de meunerie artisanale a été désignée «élément du patrimoine immatériel» par la ministre de la Culture et des Communications, une reconnaissance attendue depuis longtemps par les meuniers.

«Ça a un peu passé inaperçu, l'annonce ayant été faite l'après-midi du 24 juin, mais pour nous c'est extrêmement important, nous a mentionné en entrevue Guy Bessette, vice-président de l'Association des moulins du Québec. C'est une démarche qui a été initiée par le Moulin Légaré en 2015, qu'on a épaulé dès le début. Ça va donner une valorisation à ce métier manuel, maintenant reconnu par l'État comme un apport à la société.»

Selon lui, cette reconnaissance pourrait aider les meuniers dans l'avenir.

«La prochaine étape pourrait être la création d'un label permettant aux consommateurs de départager la farine artisanale de la farine industrielle. C'est un long travail, pour lequel il faudra définir un cahier de charge, et s'assurer d'avoir des inspections pour vérifier qu'il est respecté.»

La création de la formation sur le métier de meunier par le CQPV est une bonne nouvelle, selon M. Bessette.

«Moudre de la farine avec un moulin traditionnel est très différent de la meunerie industrielle, où tout est contrôlé par des senseurs électroniques. Les meuniers traditionnels doivent se fier à tous leurs sens et ils fonctionnent beaucoup aux sons pour contrôler leurs équipements. C'est tout un art!»

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