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L’immigration, l’enjeu de l’élection

Quebec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc

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Les derniers sondages donnent la CAQ largement gagnante le 3 octobre prochain. Pour l’essentiel, les jeux semblent faits. On pourra revenir bien sûr sur les dossiers chauds qui concernent les Québécois.  

Mais ce scrutin apparaitra bien inutile si les partis d’opposition sont incapables d’amener la CAQ à faire ce qu’il faut pour obtenir les pleins pouvoirs en immigration de laquelle dépend notre développement économique et socio-culturel, et qui sont systématiquement refusés par Justin Trudeau. 

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Encore ce lundi 8 août on apprenait dans les médias qu’un électromécanicien d’origine française, avec 30 ans d’expérience, et incidemment conjoint actuel d’une québécoise, qu’il attend depuis deux ans son permis de travail du fédéral. Et des milliers d’immigrants(es) sont dans ce cas au Québec. 

Certes, pour obtenir ces pleins pouvoirs en immigration, le Parti québécois proposera encore l’indépendance. Mais à 10% d’appuis dans les sondages, la solution apparait plutôt à ce moment-ci comme une utopie. 

Mais il y a pire, pour Québec solidaire à gauche, et théoriquement souverainiste, et le Parti conservateur du Québec d’Éric Duhaime à droite et théoriquement fédéraliste, le premier par souci de protection des minorités, et le second, pour celle des libertariens, jamais ces partis n’oseront proposer de remettre en question le multiculturalisme canadien et la Charte des droits, les deux parfaitement protégés par la Constitution de 1982 qui a été imposée au Québec, et laquelle confère au fédéral la responsabilité première en immigration. 

Donc compter sur l’un ou l’autre de ces partis pour initier un changement constitutionnel canadien favorable au Québec au chapitre de l’immigration tient aussi, deux fois plutôt qu’une, de l’utopie. 

Anglade

Le seul parti qui pourrait oser proposer une modification constitutionnelle à l’avantage du Québec en matière d’immigration est théoriquement le Parti libéral de Dominique Anglade. 

Mais elle sait qu’un autre refus de Justin Trudeau après celui du 1er juillet 2017 d’ouvrir la Constitution à la suite de l’offre de dialogue constitutionnel de son chef d’alors Philippe Couillard serait fatale pour son parti en termes de crédibilité politique, en particulier, auprès de sa base francophone. Donc elle n’osera pas. 

Pourtant, cette revendication du contrôle de l’immigration au Québec devrait être au cœur de la prochaine campagne électorale pour que celle-ci revête une importance historique. 

Mais, à l’évidence, les partis d’opposition n’ont pas de stratégie efficace et efficiente à proposer, et surtout, de nature à séduire et à rassurer les Québécois. À ce chapitre, la CAQ devra donc avoir l’audace d’évoquer, elle-même, le chemin qui devrait être pris par le Québec pour obtenir le plein contrôle en immigration. 

Incidemment, François Legault pourrait rappeler dès le lancement de la campagne à la fin d’août que son ministre Jolin-Barrette et lui ont déjà annoncé qu’ils doteraient le Québec de sa propre constitution nationale. Il serait alors intéressant et stimulant électoralement qu’il annonce que cette Constitution sera l’outil qui permettra d’obtenir les pouvoirs essentiels en matière d’immigration. 

Constitution 

Car cette Constitution, pourrait-il soutenir, une fois adoptée avant l’hivers, permettra de mettre sur la table les trois clés pour déverrouiller la constitution canadienne pour tenir compte des besoins fondamentaux du Québec, et incidemment, le contrôle de son immigration. 

Première clé : Cette constitution précisera en préambule l’identité nécessairement inclusive du peuple québécois. Plus question ici de se laisser définir souvent négativement par les non-québécois. 

Deuxième clé : Cette constitution précisera les pouvoirs souverains dont le Québec a un besoin impératif pour son développement, en matière notamment de langue, de culture/communication, d’immigration, et finalement d’environnement. 

Troisième clé : Cette constitution contiendra l’offre explicite que celle-ci soit accueillie par le Fédéral, et les neuf provinces et territoires comme partie intégrante de la Constitution canadienne de 1982. 

Si François Legault osait aller aussi loin dès l’ouverture de la campagne électorale, nul doute que ce scrutin du 3 octobre deviendrait non seulement l’événement de l’année, mais aussi le lancement d’une nouvelle ère historique pour le Québec dont il ne pourrait qu’être très fier, et ce, avec l’ensemble des Québécois, peu importe l’issu qui résultera, au fond de ce qu’on pourrait appeler l’offre de son gouvernement de former une coalition constitutionnelle Québec-Canada. Parce que cette offre sera décisive pour l’avenir, et les Québécois voudront qu’il gagne son pari, et surtout, ils n’accepteront pas qu’il soit humilié par l’actuel Canada. 

Quebec
Photo courtoisie

Denis Forcier, Éducateur retraité, Shefford

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