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Un consultant aux propos racistes et antisémites embarrassant pour Patrimoine canadien

Laith Marouf, Patrimoine canadien
Capture d'écran, internet

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Patrimoine canadien réévalue le financement accordé à un organisme «antiraciste» basé à Montréal qui a pour consultant principal un homme ayant traité les francophones de «french frogs» et tenu des propos violents envers les Israéliens.  

Le Centre communautaire d’appui aux médias (CCAM) est l’organisme où travaille Laith Marouf, un militant antiraciste, propalestinien et anticolonialiste qui s'implique depuis plus d’une vingtaine d’années dans des médias communautaires de la région montréalaise.  

En vertu du Programme d'action et de lutte contre le racisme de Patrimoine canadien, le CCAM a touché 133 822$ en septembre 2021 pour une série de conférences à travers le pays portant sur la diversité culturelle dans l’espace médiatique canadien.  

Des propos haineux

À plusieurs reprises au courant des derniers mois, le militantisme de M. Marouf a versé dans l’excès, lui qui a proféré des injures racistes et des propos violents sur Twitter qui lui ont déjà valu une suspension par le passé.  

«J’ai une devise: la vie est trop courte pour des chaussures avec lacets ou pour entertaining [divertir] les Juifs suprémacistes blancs avec autre chose qu’une balle dans la tête», a-t-il écrit.  

Dans une autre publication, il a qualifié les Juifs israéliens de «sacs à merde loud mouthed [braillards]» qui «reprendront leur rôle de petites putes de leurs maîtres suprémacistes blancs chrétiens/séculaires».  

M. Marouf n’en a pas seulement contre les Juifs. Dans un combat de coqs sur Twitter en juillet, le militant s’est servi à au moins 7 reprises du terme frog pour dénigrer son interlocuteur francophone. «Le français est une langue moche» et les «frogs ont un quotient intellectuel de moins de 77», se plaît-il à lancer entre deux blagues sur les recettes à base de grenouille.  

L’existence de ces tweets a été indépendamment vérifiée par Le Journal.  

Un juteux financement en suspens

La subvention de Patrimoine canadien est tombée quelques mois à peine après que M. Marouf a été suspendu de Twitter pour «conduite haineuse», en juillet 2021.  

«L'antisémitisme n'a pas sa place au Canada. Patrimoine canadien est conscient des commentaires faits par la personne en question et examine présentement la situation», a fait savoir le ministère.  

La première conférence s’est tenue à l'UQAM le 30 avril dernier. Deux autres conférences ont eu lieu depuis à Vancouver et à Halifax, et trois autres sont attendues plus tard dans l’année à Winnipeg, à Calgary et à Ottawa.

Le CCAM avait aussi reçu plus de 30 000$ pour participer à des instances du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes. En tant qu’analyste et expert-conseil, M. Marouf a touché 470$ par jour pour ses contributions.

Le Nouveau Parti démocratique du Canada exige «que le ministre du Patrimoine prenne des mesures fermes et mette fin à son contrat» et déplore le «manque de vigilance» du gouvernement. 

«Le ministre doit également faire toute la lumière sur le processus de filtrage utilisé pour l’octroi des contrats. Comment une personne dont le compte Twitter a été suspendu pour discours haineux s’est-elle retrouvée avec un contrat du gouvernement?» s’est questionné le néodémocrate Peter Julian dans une déclaration écrite vendredi. 

«Nous sommes consternés par le fait qu’un individu ayant un tel historique de commentaires haineux et répugnants sur les médias sociaux puisse être un consultant payé à même les fonds réservés à un programme de lutte contre le racisme», a pour sa part réagi Shimon Koffler Fogel, président-directeur général du Centre consultatif des relations juives et israéliennes.  

«Le ministère du Patrimoine canadien doit revoir ses politiques internes pour s’assurer que l’argent des contribuables canadiens ne finance pas de groupes ou d’individus qui violent les valeurs les plus importantes aux yeux des Canadiens et Canadiennes.»  

– Avec la collaboration de Marie-Christine Trottier