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René Lévesque, quelque chose comme un grand homme

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Ce 24 août, René Lévesque aurait souligné son centième anniversaire de naissance. Comme partenaire-présentateur de l’Année Lévesque, l’initiative-événement de la Fondation René-Lévesque, Québecor est fière de contribuer au rayonnement de l’héritage de ce personnage plus grand que nature qui a changé le cours de notre histoire récente et marqué profondément notre nation et son destin.

Rendre hommage à René Lévesque, c’est prendre la pleine mesure de l’ampleur de ses réalisations et constater que le chemin parcouru depuis l’a été avec la confiance qu’il nous a insufflée. Si le parcours politique de l’ancien premier ministre est célébré, son passé de journaliste et de chroniqueur a aussi laissé une importante empreinte.

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Liberté

Alors que le Parti Québécois fait élire sept députés à l’élection générale du 29 avril 1970, son chef, malgré une popularité qui déplace déjà des foules, est battu dans sa circonscription de Laurier. Mon père, Pierre Péladeau, fondateur du Journal de Montréal et du Journal de Québec, convaincu qu’un quotidien doit être le reflet de tous les points de vue, propose dès lors à René Lévesque une tribune où il aurait carte blanche pour y exprimer ses opinions. C’est cette liberté qui convaincra monsieur Lévesque de plonger dans l’aventure.

Ce sont 984 chroniques que René Lévesque signera dans Le Journal entre 1970 et 1974 au rythme de six par semaine. Cet imposant corpus représente une somme de travail colossale, mais René Lévesque, le vulgarisateur, possédait cette enviable capacité de rédiger des textes pertinents sur une multitude de sujets variés qui intéressaient les lectrices et les lecteurs. Les quelques chroniques reproduites dans les pages de cette édition du Journal donnent une bonne idée des talents de l’auteur.

Monsieur Lévesque se rendait lui-même à la salle de rédaction, rue Port-Royal, toujours vêtu de son infatigable imperméable beige. En déposant son texte, il mentionnait à l’équipe qu’il tenait à ces chroniques parce qu’elles représentaient, pour lui, une occasion unique de s’adresser aux Québécoises et aux Québécois, et qu’elles étaient l’une de ses rares sources de revenus après sa défaite.

Manuscrits

Le vétéran pupitreur du Journal, Ives Beaudin, se souvient que René Lévesque remettait souvent ses chroniques tard le soir et que ses textes étaient manuscrits. Un véritable casse-tête pour les équipes du Journal. En 1970, nous sommes encore bien loin de l’internet, des téléphones intelligents et des quotidiens « montés » sur ordinateur.

Comme nous le rappelait Jacques Bourdon, un des grands photographes du Journal, si mon père était au bureau lors du passage du célèbre chroniqueur, les deux hommes passaient de longs moments ensemble à discuter affirmation du Québec, enrichissement économique, culturel et social, et à discuter du monde des affaires, qui, pour eux, n’était pas seulement l’apanage des anglophones.

René Lévesque a transformé notre façon de parler de nous, de concevoir notre identité comme forgée dans l’affirmation et la fierté. Si pour René Lévesque, les Québécoises et les Québécois étaient « peut-être quelque chose comme un grand peuple », il demeure dans notre histoire et dans notre mémoire collective, peut-être quelque chose comme un grand homme.

Photo courtoisie

Pierre Karl Péladeau
Président et chef de la direction de Québecor
Partenaire de l’année Lévesque

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